En bref - Des mots qui ont un sens

Mercredi, Le Devoir, dans la section «Les entrevues HEC Montréal», présentait les constats et réflexions de Mme Rouleau, professeure titulaire à HEC, sur son sujet d'observation et d'analyse, celui des organisations en difficulté permanente.

Pour qu'une stratégie conçue par des décideurs soit véritablement appliquée par ceux qui, sur le terrain, doivent la mettre en oeuvre, il faut qu'elle leur soit communiquée «non pas dans des termes techniques qui sont souvent utilisés par ceux qui ont conçu la stratégie, mais dans des mots qui ont un sens pour ceux à qui ils s'adressent», dit-elle, entre autres choses, dans cette entrevue. Cette remarque donne à penser.

Et si des problèmes passés, et encore actuels, de l'application de la réforme du curriculum d'études au primaire et au secondaire par les enseignants trouvaient dans cette simple, mais évidente, observation une de leurs explications?

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Paul Inchauspé - Montréal, le 11 novembre 2010

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1 commentaire
  • Gilles Roy - Inscrit 13 novembre 2010 12 h 48

    Certes, mais...

    Certes, il y a là matière à réfléchir. N'empêche, je persiste à penser que les politiques changent peu les écoles, alors que les écoles changent beaucoup les politiques. On ne peut par exemple pas dire que les plus récentes politiques éducatives américaines aient été particulièrement jargonnantes et haut perchées; on ne peut pourtant pas affirmer qu'elles ont été particulièrement appliquées. Les constats déjà émis par Berman et McLaughlin en 1975 demeurent à cet effet souvent vérifiables, à savoir que l'on peut assister, au mieux et rarement (au sein de quelques écoles), à une adaptation mutuelle entre le «préconisé» et le «réalisé». Difficile ici de faire l'économie d'une analyse en profondeur de la grammaire des écoles et des conditions qui y logent, grammaire et conditions qui mènent à reproduire plutôt qu'à changer les pratiques et processus décisionnels.