Lettres - Un être hors série

On aimerait croire que les êtres hors série ne meurent jamais. Hélas, Réginald Hamel, qui a eu une vie à vous couper le souffle, vient de décéder à l'âge de 79 ans.

Fondateur du Centre de documentation des lettres canadiennes (Université de Montréal), M. Hamel a également occupé les postes de conservateur aux Archives publiques d'Ottawa et celui de conseiller au Musée national. Auteur de 72 ouvrages (dont le Dictionnaire des poètes d'ici et le Panorama de la littérature québécoise contemporaine), il était doué d'une mémoire prodigieuse. Cette facilité d'assimiler explique pourquoi il s'est «amusé» à apprendre l'hébreu et... le chinois. Il maîtrisait ces deux langues tellement bien que, parfumé du titre de professeur, il a réussi à enseigner dans les universités de Chine et d'Israël! Il a aussi enseigné à la Sorbonne.

Grand spécialiste de la Louisiane, il est l'auteur de La Louisiane créole littéraire, politique et sociale. Passionné par l'aventure, il a osé toucher à tout. Notamment à une périlleuse expédition archéologique et géodésique au Groenland, dans le Yukon et en Alaska et à un mémorable tour du monde en moto, qui a d'ailleurs failli lui coûter la vie.

Il consacra six ans de sa vie à rédiger le premier Grand Dictionnaire du bicentenaire, toujours considéré comme la «bible des dumasiens». Depuis la publication de cette oeuvre monumentale, il est reconnu comme l'un des plus grands spécialistes mondiaux d'Alexandre Dumas. C'est à ce titre du reste que le président Jacques Chirac l'invita personnellement à assister au transfert des cendres du célèbre écrivain au Panthéon.

Tout au long de sa vie bien remplie, cet homme d'exception a eu un penchant incurable pour l'absolu et le démesuré. Ses recherches, son enseignement et ses écrits font preuve d'une rigueur et d'un sérieux qui susciteront longtemps l'admiration de tous.
1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 6 novembre 2010 00 h 07

    «Centre de documentation des lettres canadiennes» ou

    «Centre de documentation des lettres canadiennes-françaises», comme l'écrit M. Dostie ?