Lettres - La droite québécoise: méprisante ou schizoïde?

Le rassemblement du Réseau Liberté-Québec de samedi dernier nous interpelle une fois de plus sur les fondements de la droite, et plus particulièrement sur celle du Québec. Il est clair que les grands protagonistes, cachés dans leur tour d'ivoire et protégés par leurs millions ou milliards, ne se prononcent que peu ou jamais, mais tirent toujours les ficelles du jeu sociopolitique à saveur de corruption et de trafic d'influence. On laisse donc les membres de ce réseau s'évertuer devant leurs semblables à prétendre avoir la connaissance infuse et proposer les solutions parfaites à tous les maux sociaux de notre époque.

Ces vertueux de l'économie libre de toute intervention gouvernementale ne parlent généralement que de croissance à tout prix et fustigent les méchants «socialistes syndicaleux» avec leurs coûteux programmes sociaux en les blâmant pour le ralentissement de la création de la richesse. On exige l'abolition des impôts corporatifs, alors que la presque totalité de leurs employés est un produit de ces programmes, tels que l'éducation et la santé. On prône encore les politiques d'immigration déficientes qui enrichissent leurs amis affairistes, qui font stagner les salaires depuis plus de 40 ans, causant ainsi le très peu enviable résultat qu'il y aura bientôt 50 % des travailleurs au Québec qui ne gagnent pas suffisamment d'argent pour atteindre le premier palier d'imposition. Cela signifie que ces travailleurs actifs et leurs familles ne peuvent contribuer à l'État, mais fréquentent les hôpitaux et les écoles qui sont déjà en état de faillite.

Je leur pose donc la question suivante: cette droite dont vous semblez si fiers, est-elle méprisante à la manière de Jeff Fillion envers les citoyens «attardés» qui croient à une richesse collective, ou est-elle fidèle à la vision de Maxime Bernier, c'est-à-dire complètement débranchée d'une réalité économique qui n'enrichit qu'une élite de nantis en niant de façon alarmante l'existence d'une pauvreté systémique croissante?

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Marc Beauregard - Montréal, le 28 octobre 2010

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