Lettres - À court d'imagination

À peu près tout le monde s'entend pour dire que le français doit être protégé dans cet océan anglophone qu'est l'Amérique du Nord. Que quelques centaines d'enfants aillent à l'école anglaise ne changera pas le rapport de forces, mais la loi 115 est un symbole d'un laisser-faire en matière linguistique du gouvernement libéral. Elle est également le reflet d'un manque d'imagination de ce gouvernement.

Pourquoi exiger trois ans dans une école non subventionnée, plutôt que six? Pourquoi étendre ce droit acheté pour un enfant à sa fratrie et à sa descendance? Pourquoi s'encombrer d'une évaluation du «parcours authentique» dont l'arbitraire sera contesté immédiatement devant les tribunaux? Pourquoi ne pas avoir décidé que six ans dans une école non subventionnée, tout le cours primaire, soient nécessaires pour attester ce parcours authentique et limiter le droit à l'école subventionnée au seul enfant qui a suivi ce curriculum? L'opposition aurait moins de prise sur une telle loi et la liberté de choix serait quand même respectée.
2 commentaires
  • Adario - Inscrit 22 octobre 2010 07 h 36

    Contribution remarquable

    Simplement merci pour ce diagnostic et ces propositions en faveur d'un projet démocratique sain et viable pour la société québécoise, dont l'attachement à la langue française demeure l'un des plus grands atouts pour sa personnalité.

    Et je rajouterais que pour ceux qui s'intéressent à l'évolution des langues et de la pensée en général, la disparition du français est une catastrophe monumentale en considération des durs acquis que la civilisation humaine a pu développer, comme l'est également, d'une autre manière, le sanskrit au Tibet.

  • Sylvie Brodeur - Inscrite 22 octobre 2010 20 h 37

    Mais il demeure..

    que le fait de pouvoir s'acheter un droit ?!?