Lettres - Loi 115 et fuite des cerveaux

Il est une conséquence néfaste du projet de loi 115 sur la société québécoise à laquelle peu de gens semblent avoir songé. Les enfants allophones scolarisés en anglais opteront d'autant plus pour des collèges et des universités anglophones qu'ils ne maîtriseront pas suffisamment le français pour faire des études supérieures dans cette langue.

Une fois diplômés, ils seront plus volontiers portés à déménager dans une autre province ou à s'expatrier aux États-Unis pour y faire carrière. Ce sera particulièrement le cas des étudiants en médecine. Nous manquons grandement de médecins et plusieurs de ceux que nous avons fuient le Québec. L'université forme aussi des chercheurs dont notre société a absolument besoin.

Les universités francophones sont déjà sous-financées par rapport aux universités anglophones par le fédéral. Devons-nous laisser une loi bassement électoraliste contribuer à les priver d'éléments aussi indispensables tout en favorisant l'anglicisation des allophones?
5 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 22 octobre 2010 10 h 21

    Un bon investissement

    Au final, ce serait un bon placement que ces trois années dans une école passerelle, étant donné le coût plus faible des cours dans nos universités. Et en plus dans des universités plus riches. C'est un pensez-y bien...

  • Sebastian Sajaroff - Inscrit 22 octobre 2010 11 h 32

    C'est à l'inverse...

    C'est à l'inverse...

    Ce n'est pas en démonisant ou en barrant l'accès à une éducation en
    anglais (ou d'autres langues) qu'on va protéger et améliorer le milieu
    professionnel francophone au Québec.

    Faudrait plutôt rendre séduisant aux yeux des étudiants le fait de
    s'éduquer et de poursuivre un cheminement professionnel en
    français au Québec...

  • Ken Ko - Inscrit 22 octobre 2010 17 h 21

    Des commentaires aveugles

    Je devrais pas surpris par les commentaires tel qu'éxprimés par Mme Leblanc mais voilà! J'ai des nouvelles pour vous, Mme Leblanc, mais la plupart des allophone éduqués sont déjà quittés le Québec pour des environnements plus propice et accueilllants de leurs talents et connaissances. Vous croyez en empêchant quelques centaines des allophones et anglophone d'être instruits dans les écoles privés non-subventionées que la société quebecoise sera consequemment sauvé? Pardon, mais vous êtes naïve ou mal-avisée. La survie de la culture franco-quebecoise ne restera pas aux épaules des allophones mais plutôt aux francophones eux-mêmes. Ce n'est pas seulement les allophones et anglophones qui voudraient plus d'accès au réseau anglais mais aussi des parents francophones! Ne nous blamez pas pour la piètre qualité de français écrit et parlé au Québec; je vous rappel que nous restons une minorité qui doivent faire face à discrimination et préjugés dans le marché d'emploi. Désolé, mais nous avons d'autres chats à fouétter au lieu de rester dans une société qui croit dans la survie de leur culture en controlant tous les choix de ses citoyens...

  • Stephanie L. - Inscrite 22 octobre 2010 19 h 20

    À Ken Ko

    @Ken Ko

    "Ne nous blamez pas pour la piètre qualité de français écrit et parlé au Québec"

    À aucun endroit de ma lettre je n'ai abordé le sujet de la qualité du français au Québec. Tout les québécois que j'entend s'exprimer sur le sujet blâment les francophones. Il ne me viendrait jamais à l'esprit de déresponsabiliser ces derniers. Je me suis d'ailleurs exprimée par le passé sur la scolarisation en anglais d'enfants francophones:

    http://www.centpapiers.com/les-ecoles-passerelles/

    "...je vous rappel que nous restons une minorité qui doivent faire face à discrimination et préjugés dans le marché d'emploi."

    Je suis navrée que vous ayez été victime de discrimination mais je ne sais pas où vous êtes allé chercher que "la plupart des allophone éduqués ont déjà quittés le Québec". Les allophones et anglophones sont en train de devenir majoritaires à Montréal. Suggérez-vous que ceux qui y résident sont sans instruction? Pour quelqu'un qui dénonce la discrimination...

    J'ai côtoyé toute ma vie des allophones instruits, des voisins, des amies, des professeurs, des spécialistes de la santé, etc. Je ne leur ai jamais donné le mandat de sauver le français au Québec. Je suis heureuse que ces personnes aient décidé de participer à bâtir le Québec moderne et en français en plus. Je souhaite d'ailleurs que les formations professionnelles de l'étranger soient davantage reconnues au Québec, une préoccupation partagée par de nombreux québécois.

    Les francophones, en particulier ceux des générations qui m'ont prédécée, en connaissent un rayon sur la discrimination. Ce n'est pas pour rien qu'ils se sont tant battus pour redonner au français sa vraie place au Québec. Cette place régresse desormais même si cette régression ne saurait s'expliquer par un seul facteur. Je crois que la loi 115 va contribuer au processus, même si c'est minime pour l'instant, d'autant plus que l'acquisition du droit de se sc

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 22 octobre 2010 19 h 50

    L'avenir du Québec

    Selon le démographe Jacques Légaré, nous avons plus de difficultés que les autres provinces à garder les immigrants dans notre province et notre bilan migratoire est toujours négatif. A long terme 65% des immigrants au Québec quittent le Québec.

    Dans ces conditions, accepter que la moitié des immigrants allophones adultes s'assimilent au milieu anglophone à partir des études collégiales est carrément suicidaire pour le français au Québec. De plus, la traîtresse Loi 115, que les Libéraux ont adoptée dans le bâillon, permettra maintenant de faire passer tous les enfants au réseau anglais public gratuit dès le primaire, après un séjour de trois ans dans une école anglaise privée non subventionnée.

    Ainsi, nombre d'immigrants, après avoir joui du filet social québécois des plus avantageux au Canada et de l'enseignement primaire et secondaire gratuit en anglais et de l'enseignement collégial et universitaire presque gratuit en comparaison avec les autres provinces et les États-Unis, ces immigrants donc peuvent allègrement quitter le Québec pour ces régions anglophones. Une perte sèche énorme pour le Québec.

    Et en prime, les Québécois francophones qui dénoncent cette situation absurde sont accusés par les Libéraux d'être des racistes, des xénophobes et des radicaux.


    De plus, il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir.

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial e