Lettres - Au bord du gouffre

Le lundi 18 octobre, ma compagne et moi étions des manifestants opposés à la loi 115 (écoles passerelles imposées par bâillon dans la gorge des francophones du Québec). Triste soirée qui n'a rassemblé que quelques centaines de convaincus. Les discours qui se sont succédé, dans un français souvent pitoyable, nous ont finalement laissés plus songeurs qu'inspirés.

Je pense que nous sommes au bord du gouffre d'une lente et inexorable chute vers une bilinguisation de ce pays désiré. Cessons de nous gargariser d'espoir fragilisé et ayons le difficile courage d'écouter et de partager sans concession et sans démission les opinions de ceux qui, vivant parmi nous, ont une autre vision du présent et de l'avenir de ce Québec en transformation. Ce n'est pas dans la solitude exacerbée qu'un pays se bâtit, mais dans un respect élémentaire de tous ceux qui ont choisi d'y vivre.
3 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 22 octobre 2010 09 h 06

    Des poètes attendus sur la place

    Dans le courrier d'aujourd'hui sur le français menacé, c'est votre commentaire qui m'a le plus rejointe monsieur Léger. Moi aussi j'ai trouvé triste cette manifestation à laquelle j'étais présente. Les émotions qui me tiraillaient étaient contradictoires mais je n'ai pas éprouvé de fierté. J'ai pensé que les actuels porte-parole officiels de cette cause si importante étaient peut-être ceux qui lui nuisaient le plus, par la redondance de leur discours qui sent le renfermé et la prudence, qui paralyse. Il ventait et il faisait froid mais j'étouffais. Il serait temps que les poètes quittent leurs recueils et leur confort; qu'ils redonnent du souffle au discours sur la langue française s'ils ne sont pas morts dans leurs recherches formelles.

  • Gajepi - Inscrit 22 octobre 2010 12 h 53

    Respect pour qui ? Respect de quoi ?

    Monsieur et madame, à vous lire je comprends que vous respectez tous ceux et celles qui, invités dans votre maison, prennent possession des lieux pour y aménager sans vous respecter.

  • Sansterre Gilles - Inscrit 22 octobre 2010 13 h 20

    Allons, allons..

    Cher M. Léger,

    Il y avait plus de 3000 personnes au centre Pierre Chabonneau il y a quelques semains pour protester contre la loi 103. Des centaines de personnes y ont même été refusées.

    Blâmez plutôt les organisateur de la manif du 18 octobre dernier: organiser un tel événement un lundi soir sur l'heure du souper...c'est pas fort!

    N'ayez craintes, nous survivrons...