Lettre - Le clivage

Paul Wells, sur son blogue de Maclean's, décrit adéquatement le clivage existant entre les deux grandes familles politiques au Québec: le versant fédéraliste, en bonne partie composé du côté francophone d'affairistes plaçant trop souvent leur intérêt avant celui de la collectivité et professant une idéologie de droite, et le versant souverainiste, alimenté en majorité par les éléments progressistes de la société québécoise francophone. Puis, il y a les non-francophones, captifs de leur soutien quasi indéfectible au PLQ à cause d'un rejet presque viscéral du nationalisme québécois incarné par le PQ, ou même l'ADQ ou QS (si je caricature: «We don't want to be ruled by the natives»).

Si actuellement les sondages révèlent qu'à peine un cinquième des francophones appuie le PLQ, ce sont environ les deux tiers des non-francophones qui soutiennent le PLQ. Cet appui aveugle assure au PLQ une prime électorale de départ, lui garantissant près d'une trentaine de circonscriptions. À mon tour, je pourrais donc tirer une conclusion facile: c'est le soutien inébranlable des non-francophones qui assure les beaux jours de politiciens affairistes corrompus. Bref, je pourrais avancer que la corruption provient en fin de compte de ceux qui se disent Canadiens et fédéralistes...

Facile de tourner les coins carrés comme M. Coyle le fait, lui à l'opposé, en pointant comme responsables les souverainistes sociaux-démocrates! Mais heureusement, la réalité demeure toujours plus nuancée, même s'il reste malheureux que les non-francophones soient coincés à ce point par leur opposition à la volonté d'émancipation d'une majorité de la population francophone du Québec.


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