Lettres - Se regarder dans un miroir

Je ne comprends pas. Depuis les deux dernières années, diverses accusations de corruption ont déferlé sur le Québec, autant au provincial qu'au municipal.

Les politiciens d'opposition et la plupart des médias ne cessent d'exiger des enquêtes publiques, tandis que les gouvernements font tout en leur pouvoir pour s'esquiver et refuser d'assainir les finances et l'administration publiques.

Mais dès qu'un journaliste de Maclean's, un ancien Québécois anglophone, écrit un article bien pensé et recherché, assorti d'un frontispice à la fois amusant, symbolique et cinglant, pratiquement toute la classe dirigeante se retourne d'un bloc pour tirer sur lui à boulets rouges. [...]Nos finances publiques sont un trou béant même avec notre tétée sans fin du mamelon fédéral, nos taxes sont les plus élevées en Amérique du Nord, tandis que la classe dirigeante et ses amis, eux, s'empiffrent à qui mieux mieux à même les deniers publics.

On a qu'à suivre les nouvelles, même distraitement: commissions scolaires, contrats municipaux, finances d'arrondissements, financement de partis provinciaux, ministres du cabinet qui ne connaissent pas les points les plus fondamentaux de la loi sur le financement des partis, et j'en passe. Alors, regardons-nous dans un miroir avant de critiquer un journaliste qui a fait un sapré bon boulot.

5 commentaires
  • Alexandre Dionne - Inscrit 29 septembre 2010 05 h 21

    « Même distraitement »....

    Je crois qu'il faut surtout suivre « distraitement » la politique pour étendre tout le blâme contre le dérapage actuel à toute la classe politique !

    Je crois qu'il faut surtout être à tout le moins, d'une part, soit anti-étatiste malveillant, soit, d'autre part, hyper-fédéraliste pro-libéral pour répandre que les souverainistes (qui veulent pour la plupart refonder l'Ordre politique du Québec) se gargariseraient à dire, devant une Commission d'enquête, que tout ce processus de nomination est.... normal quoi !

    Ce texte d'André Bordeleau témoigne bien de la défaite de la pensée humaine, une fois encore, et c'est navrant !

  • Michel Simard - Inscrit 29 septembre 2010 09 h 30

    Les Québécois ne sont pas corrompus

    Les Québécois n'ont aucunement à avoir honte de se regarder dans n'importe quel miroir. Les Québécois ne sont ni plus ni moins corrompus que les autres peuples, que ce soit les Canadians, les Américains, les Français, les Allemands, les Chinois ou les Indiens. Et ce que peuvent penser les Canadians devraient nous laisser indifférents. Nous n'avons pas à nous faire évaluer par eux.

    Ce sont les libéraux-conservateurs (PLQ, PLC) qui sont corrompus. Cela s'explique par la philosophie "néo-libérale" de cette confrérie, où faire des affaires se résume à tirer le plus possible de l'État et par la compromission totale que sont capables d'accepter les ultrafédéralistes qnglo-québécois ou franco-francophobes du Québec. Il n'y qu'à lire les commentaires des lecteurs dans La Presse où plusieurs se disent d'accord avec n'importe quoi en autant qu'on ne "sépare" pas leur beau pays. Ils sont prêts à vendre leur âme francophone, piétiner sur la démocratie, laisser détourner les fonds de l'État et donner nos ressources naturelles, Aucune de ces compromissions ne les dérange, tellement est grande leur haine du Québec et du peuple québécois (qui inclut les Ontarois et autres francophones).

    Moi aussi, si J'étais libéral-conservateur et hyperfédéraliste, j'aurais honte. Mais en tant que Québécois, je suis fier que toute cette cochonnerie soit retirée de sous le tapis, un peu plus chaque jour. Il n'y a actuellement qu'une façon de mettre fin à ce cirque, c'est la destitution de Jean Charest, la mise en place d'une commission d'enquête publique sur le financement et la corruption du PLQ et la modificaiton des règles de financement et de nomination.

    Après cela, les hyperfédéralistes pourront toujours continuer de voter pour la corruption libérale-conservatrice, mais qu'ils y réfléchissent car ce faisant ils minent le développement de la nation québécoise. Mais peut-être est-ce là leur but.

  • Franfeluche - Abonné 29 septembre 2010 09 h 42

    Un sacré bon boulot ?

    S'il avait fait un sacré bon boulot, ce journaliste aurait fait une étude comparative avec les autres provinces du Canada. Par exemple, j'aurais aimé connaître les règles de financement des partis politiques de ces dernières. pour savoir s'il y en a qui permettent ce qu'on interdit au Québec.
    J'aurais aimé qu'il dresse la liste des scandales politiques des autres provinces.
    J'aurais aimé ect...

  • Gabriel Danis - Inscrit 29 septembre 2010 10 h 29

    Des faussetés à répétition

    Le Québec n'est plus l'endroit en Amérique du Nord qui a le taux d'imposition le plus élevé depuis quelques années déjà. Pourquoi le Devoir laisse paraître des lettre qui continuent de répéter ad nauseam une fausseté ?

    Je pourrais ajouter qu'en contrepartie, nul part ailleurs en Amérique du Nord, l'on ne bénéficie d'autant de services publics et protections sociales...

  • - Abonné 30 septembre 2010 08 h 23

    Hypothèse...

    De la corruption au Québec ? Incontestable. Que nous soyons la province la plus corrompue ? Ça reste à prouver. Quand on lit les 3 Livres noirs du Canada anglais de Lester, on peut avoir des doutes sur notre performance.

    Maintenant, si à la place du bonhomme carnaval, on avait mis la photo de Jean Charest, portant la même valise ? Essayons d'imaginer les réactions... des politiciens, des médias, des québécois en général...