Lettres - Le registre des armes à feu: une société civile en action

Mercredi, la Chambre des communes a voté sur le registre des armes à feu du Canada. Par la décision des parlementaires, l'étude du projet de loi visant l'abrogation du registre des armes à feu prend ainsi fin. L'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) salue la décision des parlementaires et se réjouit d'abord et avant tout de l'intérêt marqué des citoyens et de l'incidence de leur engagement sur la scène politique canadienne.

Autour de ce débat parfois polarisé, le Canada tout entier s'est enflammé, alimentant les tribunes téléphoniques des stations de radio, les assemblées publiques, les lettres d'opinion, les nouveaux médias et les conversations de cuisine. Pour maintenir intact le registre des armes, des organisations de la société civile ont marqué le pas et ont forcé la mobilisation et la prise de position des partis politiques. La Coalition pour le contrôle des armes, l'AFEAS, les organismes actifs en prévention du suicide, l'Ordre des psychologues du Québec, des syndicats, des victimes des drames de l'École polytechnique et du Collège

Dawson ainsi que leurs associations étudiantes et bien d'autres acteurs ont multiplié les actions autour de cet enjeu.

Ces organisations ont été également les témoins de centaines d'initiatives citoyennes qui ont contribué à faire de ce dossier une véritable priorité. La mobilisation des citoyens a joué un rôle déterminant dans l'issue du vote de mercredi. La nécessité et l'efficacité du registre ont été maintes fois défendues, particulièrement par les citoyens, qui nous ont démontré qu'ils tenaient à cet outil. Dans ce processus, il s'est dégagé une extraordinaire capacité pour la société d'aller au-devant des partis politiques pour forcer la décision.

Le fait que la société civile s'engage et s'approprie ce débat est de bon augure pour notre démocratie.

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Bruno Marchand - Directeur général de l'AQPS, Québec, le 23 septembre 2010
4 commentaires
  • meme moi ici - Inscrite 25 septembre 2010 08 h 43

    mobilisation

    je ne suis pas nécessairement pour ce registre... cependant, j' applaudis la mobilisation citoyenne.
    Si cette victoire fait découvrir aux citoyens le pouvoir qu'ils peuvent avoir en démocratie, alors cela ne peut-être que positif.
    saurons nous, se tenir debout aussi solidement contre la corruption qui sévit présentement au sein de nos gouvernements... ????
    ou si ces citoyens engagés irons simplement savourer leur victoire en se croyant protégés par des bouts de papier si officiels... il y a tant d'autres dossiers importants à débattre...

  • Sebastien Paquin - Inscrit 26 septembre 2010 18 h 50

    Une question.

    Comment l'enregistrement d'une arme à feu peut-il prévenir un suicide? Une arme tire lorsqu'elle est chargée, enregistrée ou pas.

    Les statistiques montrent une réduction des suicides par armes à feu depuis less années 90, avant la mise en place du régistre. Les mesures plus sévères pour l'obtention du permis d'armes à feu en sont probablement responsable. Cependant, les statistiques montrent aussi une augmentation proportionnelle des suicides par d'autres moyens.

    À quand l'enregistrement des cordes?

  • Dominique Châteauvert - Inscrite 27 septembre 2010 09 h 08

    Pas une corde, pas un couteau, pas un pont

    L'efficacité, la facilité et l'instantanéité d'un seul geste de l'index, voilà des facteurs de danger qui distinguent l'arme à feu des autres formes de suicide.
    Si je voulais mourir maintenant, c'est la méthode que je privilégierais. Avec le pont, la descente est longue, l'impact avec l'eau n’est pas nécessairement mortel et si on se débat, la mort par noyade n'est pas confortable. Se pendre demande une certaine expertise: un noeud adéquat, une longueur de corde bien ajustée, un site d'accrochage solide, sinon l'agonie par étouffement peut prendre quelques temps. Se couper les veines n'est pas si simple, il faut trouver la bonne artère et endurer la douleur des échecs préliminaires. Si le travail n'est pas bien fait, on risque de se réveiller à l'hôpital. Idem pour les médicaments qui endorment parfois et ne tuent pas. L'arme à feu, si on l'a sous la main, et c'est la partie la plus compliquée et qu'on doit compliquer davantage, offre une grande précision jumelée à une absence de souffrance pratiquement assurée. Pour quelqu'un qui est vraiment décidé, c'est le meilleur outil; le passage à l’acte est grandement facilité.

    Il en est de même pour les meurtres et surtout les meurtres en série. Si elles n'étaient pas d'une efficacité aussi redoutable, pourquoi donc la grande famille des armes à projectiles serait-elle privilégiée lorsqu'on fait la guerre? Elles peuvent tuer même de loin et instantanément, silencieusement aussi grâce à un dispositif adéquat, sans nécessité d'un corps à corps comme pour l'arme blanche et l'étranglement. Même des personnes plus petites et plus faibles que leur victime peuvent assassiner sans effort. L'autre ne voir rien venir.
    L'arme à feu est un cas à part et ne peut se comparer à la corde, au couteau, à l'arbalète, aux poings et aux coups de pieds. Une arme facile d’utilisation est plus dangereuse qu’une arme moins facile.

  • Grosbonsens77 - Inscrit 5 octobre 2010 20 h 52

    @Dominique Châteauvert

    Les statistiques de statistique canada disent exactement le contraire de ce que vous dites madame...allez voir!
    C'est de la pure spéculation!...demandez à un psy!
    La preuve, les methode changent entre les femmes et les hommes....ca prouve que votre théorie ne tien pas debout!
    Pour les meurtriers en série, encore là, vous faites fausse route....ils préconisent les armes blanche à cause du contact direct!
    La criminalité par habitant est tres tres élevée en ville, où il n'y a presque pas d'armes ''légales'' et à la campagne, exactement le contraire!
    Et vous irez voir sur statistique canada, près de la moitié des crimes sont commis avec des couteaux!!!...donc où allez vous chercher vos affirmations??