Lettres - Stupéfiant !

Comme plusieurs de mes compatriotes, c'est avec beaucoup d'intérêt et d'attention que je suis les travaux de la commission Bastarache. J'ignore si celle-ci sera en mesure de faire la lumière sur les allégations de l'ex-ministre Marc Bellemare concernant le processus de nomination des juges, mais ce que j'y entends est aussi stupéfiant qu'inquiétant.

Il était pour le moins sidérant d'entendre le ministre Norman MacMillan avouer, sans gêne aucune, avoir recommandé à la magistrature la candidature de Marc Bisson, fils de son ami et principal organisateur libéral. Le ministre a eu beau soutenir n'avoir ainsi rempli que son devoir de député, est-ce bien là l'idée que l'on se fait de nos jours du rôle que doit jouer un député?

Après lui, le collecteur de fonds Charles Rondeau est venu exposer le plus naturellement du monde comment les administrateurs des sociétés et organismes d'État sont choisis, puis nommés. Quel choc pour quiconque avait, comme moi, la naïveté de croire que ceux-ci étaient nommés en fonction de leurs compétences! Les sociétés et organismes publics peuvent bien être gérés comme ils le sont actuellement, c'est-à-dire à la va-comme-je-te-pousse!

Comment ne pas être cynique et profondément dégoûté, non seulement de la politique, mais de façon plus large de la chose publique? Comment continuer de croire en la démocratie quand on pense à tous ces politiciens qui ne sont que les fantoches des collecteurs de fonds des partis qu'ils représentent?

Au rythme où vont les choses, c'est toute une nouvelle révolution qui se prépare et elle risque malheureusement fort de ne pas être aussi tranquille que la dernière que nous avons connue. Et ce sera sans doute là le seul véritable héritage que nous aura légué Jean Charest, qui n'a, hélas, plus d'honorable que le titre.
2 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 24 septembre 2010 05 h 17

    Pourquoi s'intéresser à ce qui ne fait pas les manchettes...?

    Christian Rioux écrit, dans sa chronique d'aujourd'hui: "On peut à tout le moins constater que le premier ministre a pris soin de nommer un diplomate dont les états de service font, cette fois, honneur à la diplomatie québécoise. Michel Robitaille a représenté le Québec à New York pendant cinq ans. Nommé par le Parti québécois, il est demeuré en fonction après le changement de gouvernement, ce qui est toujours bon signe..."

  • Paul Racicot - Inscrit 24 septembre 2010 14 h 42

    @Claude Verreault...

    Vous écrivez : «c'est toute une nouvelle révolution qui se prépare...» Je crois plutôt que nous assisterons, que nous assistons déjà, et depuis bien des années, à une désaffection, à un désinvestissement progressif de la population à l'égard du champ politique.

    C'est comme de jouer au Monopoly ou au paquet voleur sans jamais gagner une seule partie : on se décourage, on perd tout intérêt et, plutôt que de renverser la table («la révolution»), on la quitte sans mot dire et on fait autre chose... de plus gratifiant.