Lettres - Quel bon goût?

Certains résidants de l'île des Soeurs voudraient que l'on retire l'oeuvre d'art public Milieu humide parce qu'elle ne répondrait pas à leurs critères esthétiques. On préférerait une oeuvre «appropriée pour une île prestigieuse comme la nôtre» (Le Devoir, 6 août 2010). Quels sont les critères d'une oeuvre pour une île prestigieuse? De quel prestige parle-t-on? Qui seraient les juges pour sélectionner une telle oeuvre?

Rien ne justifie le démantèlement de l'oeuvre Milieu humide créée par l'Atelier in situ en collaboration avec Vlan paysage, deux groupes parmi les plus créatifs de Montréal qui ont reçu les prix les plus prestigieux. Il a été démontré que l'oeuvre était sans danger pour le public, en voiture ou à pied.

Les résidants qui demandent le retrait de cette oeuvre le font sur des critères de bon goût. Accepter cette argumentation remettrait en cause tout le processus démocratique d'inscription des oeuvres d'art public à Montréal. Il faut se réjouir du fait que l'art public soit une réalité à Montréal et soutenir l'administration publique qui le met en place.

***

Claude Gosselin - Directeur Centre international d'art contemporain de Montréal, La Biennale de Montréal, Montréal, 16 août 2010

À voir en vidéo

1 commentaire
  • Dalvas - Inscrit 24 août 2010 22 h 20

    Milieu humide ?

    C'est amusant de lire les reactions des intervenants non-residents à l'article paru le 6 août dernier pour le maintien de cette "oeuvre"; outre ses problèmes technique comme l'absence de projection de brume pour completer l'esthétique de cette "oeuvre", le rond point est mal conçu.
    Même si l'equipe technique de la Ville ou du concepteur arrivait à le faire fonctionner, cette projection de brume ne pourra que fonctionner six mois par année; l'autre six mois on aurait une belle patinoire comme rond point.

    N'en déplaise à certains qui signent leur articles avec leur titres, je ne suis qu'un simple resident de l'Île et ce ramassis de tubes de plastique dans ce rond point m'horripile au moins deux fois par jour.

    L'art public est une chose et l'art communautaire en est une autre.