Lettres - Quel bon goût?

Certains résidants de l'île des Soeurs voudraient que l'on retire l'oeuvre d'art public Milieu humide parce qu'elle ne répondrait pas à leurs critères esthétiques. On préférerait une oeuvre «appropriée pour une île prestigieuse comme la nôtre» (Le Devoir, 6 août 2010). Quels sont les critères d'une oeuvre pour une île prestigieuse? De quel prestige parle-t-on? Qui seraient les juges pour sélectionner une telle oeuvre?

Rien ne justifie le démantèlement de l'oeuvre Milieu humide créée par l'Atelier in situ en collaboration avec Vlan paysage, deux groupes parmi les plus créatifs de Montréal qui ont reçu les prix les plus prestigieux. Il a été démontré que l'oeuvre était sans danger pour le public, en voiture ou à pied.

Les résidants qui demandent le retrait de cette oeuvre le font sur des critères de bon goût. Accepter cette argumentation remettrait en cause tout le processus démocratique d'inscription des oeuvres d'art public à Montréal. Il faut se réjouir du fait que l'art public soit une réalité à Montréal et soutenir l'administration publique qui le met en place.

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Claude Gosselin - Directeur Centre international d'art contemporain de Montréal, La Biennale de Montréal, Montréal, 16 août 2010

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