Lettres - Des Fêtes en déclin

Le deuxième événement de l'été à Québec est en déclin depuis quelques années et j'ai nommé: les Fêtes de la Nouvelle-France. J'y suis allé costumé à chacun des cinq jours et l'achalandage est en forte baisse d'année en année. Cela, malgré que les Fêtes aient déserté plusieurs sites. Moins de terrains et moins de visiteurs au mètre carré. Ce dossier est à fouiller: évolution des budgets versus diminution de la programmation. Québec se vante de beaux succès culturels et touristiques, mais est-on encore assez lucide pour percevoir ce qui ne tourne pas rond? Dimanche après-midi, au marché de la place de Paris, on a laissé entrer tout le monde sans effigie pour écouler l'inventaire de nourriture, qu'on dise que la fréquentation se maintient c'est un grand mensonge!

Faire la liste des sites abandonnés et des éléments de programmation disparus serait long. Je me permets de mentionner le théâtre Bell avec nos meilleurs comiques de la ville. Les grands spectacles quotidiens gratuits ou à prix populaire dans la cour du Petit Séminaire, à la Batterie royale, côte de la Montagne, au parc Montmorency mettant en vedette des artistes d'envergure. On n'expose plus les géants, plus de visites touristiques guidées du patrimoine religieux... L'imagination ne semble plus être au pouvoir. Les Fêtes ne semblent pas s'être remises du départ de Gestev et de M. Brochard, il y a quelques années, qui nous livraient un meilleur «produit». Quand le président, M. Thibault, nous dit qu'il veut développer, il oublie de nous dire que c'est l'inverse ces dernières années. L'administration de ce festival devrait faire preuve de plus de transparence, s'il y a un problème majeur de financement ou d'accessibilité à des parcs fédéraux, qu'on le dise et la population de Québec se lèvera pour sauver les Fêtes et leur redonner le lustre d'antan. Il y a cependant toujours du bon dans les Fêtes de la Nouvelle-France et j'en salue les bénévoles. Je veux plus pour la capitale de la francophonie en Amérique qu'un défilé de costumes, fussent-ils d'époque.

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Pierre Boucher, Québec, le 11 août 2010

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