Lettres - Fast-foods autour des écoles: pourquoi faut-il les limiter?

Malgré tous leurs efforts, les parents et les écoles peuvent difficilement contrer l'attrait des restaurants rapides auprès des jeunes à l'heure du lunch: c'est à côté, c'est rapide, ce n'est pas cher et on sort de l'école.

Avec près d'un jeune québécois sur quatre qui présenteun surpoids ou qui est obèse, les impacts sur leur santé et les conséquences sur notre système de santé nous amènent à faire des choix de société. La prévention en est un, et tous les efforts pour favoriser l'adoption de saines habitudes vie par les jeunes sont les bienvenus. Ce n'est pas une seule action qui changera la donne, mais bien toutes les initiatives, les programmes et les politiques de tous les acteurs de la société mis à contribution.

Les parents contribuent largement. Les écoles ont éliminé la malbouffe de leur cafétéria. Mais ne sous-estimons pas l'influence que notre environnement a sur nous. C'est à ce titre que limiter les nouveaux fast-foods autour des écoles vient agir en complémentarité avec les autres mesures et actions déjà entreprises par tous ceux qui interviennent dans la vie de nos jeunes.

Le constat que fait l'étude de Yan Kentens paru à la une du Devoir du 28 juillet 2010 est troublant: les restaurants-minute autour des écoles sont nombreux, et encore plus dans les milieux défavorisés. Dans plusieurs villes américaines et britanniques, on a fait le même constat. Et certaines d'entre elles ont agi. Au Québec, nous étudions présentement la question.

Et l'objectif n'est pas d'interdire les restaurants-minute à travers la ville. Constatant qu'ils sont nombreux autour des écoles, peut-on faire le choix, comme société, qu'il n'y en ait pas de nouveaux à ces endroits? Et pour les écoles qui ne sont pas déjà entourées par les fast-foods, peut-on décider qu'il n'y en aura jamais?

Ainsi, on offrira un environnement plus sain autour de chaque école, ce qui sera bénéfique pour tous les jeunes, peu importe leur milieu de vie et leur éducation. C'est ici que les municipalités ont le pouvoir d'agir avec les outils qui sont mis à leur disposition.

Au Québec, plusieurs villes sont déjà engagées dans différentes initiatives pour favoriser les saines habitudes de vie de la population. On n'a qu'à penser au déploiement des transports actifs, à l'interdiction de malbouffe dans quelques arénas entre autres. Huit villes du Québec ont d'ailleurs signé la «Déclaration d'engagement pour les saines habitudes de vie» mise de l'avant par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire et par laquelle elles s'engagent à poser des actions en ce sens.

Nous les encourageons à poursuivre dans cette voie.



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