Lettres - Justice pour les Mohawks

Quand va-t-on enfin leur rendre justice et respecter vraiment les Premières Nations? On estime à environ 80 000 la population amérindienne du Québec et à 1,2 million celle du Canada (2006). J'ai suivi de près la «crise d'Oka» en 1990. J'ai conservé un dossier de presse des articles de l'époque, dont plusieurs par des historiens et des anthropologues. Ils nous rappellent que depuis près de 250 ans, plusieurs peuples amérindiens dont les Mohawks ont été trimballés d'un bord et de l'autre et «parqués» dans des réserves, sans parler de la tentative canadienne de génocide par assimilation (les écoles confessionnelles) au début du XXe siècle. Je comprends très bien leur ras-le-bol.

Ce qui intéresse les gouvernements et leurs amis corporatistes depuis toujours, c'est les richesses de la terre à exploiter pour faire du fric en abondance. Ils comptent sur le fait que la population du Québec, occupée à consommer et à s'amuser, se fout carrément du sort des Premières Nations. Pourtant, il y a eu des avancées au Québec: la Convention de la baie James et du Nord Québec avec les Cris et les Innus, en 1975, et la Paix des braves signée en 2002 par Bernard Landry et Ted Moses du Grand Conseil des Cris, portant sur le développement des ressources (hydroélectriques) du Nord québécois. Des écologistes pensent plutôt qu'ils se sont laissé acheter. Au Canada, la loi constitutionnelle de 1982 reconnaît les droits ancestraux et ceux issus des traités, mais le Canada est aussi le dernier pays à ne pas avoir adhéré à la Convention des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Une entente vient d'être signée, en mai 2010, pour la protection de la forêt boréale de six provinces, dont le Québec, entre des compagnies forestières et des groupes environnementaux. Sans la participation des peuples amérindiens.

À Kanesatake-Oka, si on laisse traîner, on va encore se retrouver avec des barricades et de la violence sur les bras par aveuglement et négligence des autorités politiques. On court au-devant des problèmes. Question complexe s'il en est que celle des droits des Premières Nations, mais quand la volonté politique et la bonne foi y sont, surtout du côté des gouvernements, tous les espoirs sont permis.

***

Gérard Laverdure, Montréal, le 13 juillet 2010

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7 commentaires
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 26 juillet 2010 06 h 23

    Le pays des Mohawks

    est dans l'État de New York, au sud du Lac Ontario. Ce sont des Américains.

    Le Québec ne fait pas partie de la Constitution de 1982.

    Bref, les Iroquois n'ont aucun droit au Québec.

  • Claude Kamps - Inscrit 26 juillet 2010 08 h 34

    N'oublions pas

    Que les terres réclamées par les Mohawks, comme les villes de la rive sud, ont été vendue légalement aux propriétaires actuels.

    Devoir en plus des taxes actuelles être taxé par les Mohawks, parce qu on à pitié du fait qu'on leur a volé leurs terres, revient à dire que le Québec devrait avoir les mêmes taxes sur le territoire qui était celui des colons français de la colonie... Ontario Alberta US jusqu'en Floride.....

  • Gebe Tremblay - Inscrit 26 juillet 2010 10 h 02

    Laverdure, sauveur des indiens

    Votre discours qui met toutes les nations autochtones dans le même panier et qui néglige la distinction nationale québécoise est typique de la politique raciste fédérale canadian.

  • Pierre Rousseau - Abonné 26 juillet 2010 11 h 42

    Éloquentes réactions!

    Il est remarquable de voir comment on réagit quand quelqu'un parle en faveur des peuples autochtones! Comme s'ils n'existaient pas! Mais il ne faut pas trop s'en faire, la réaction est souvent la même dans le ROC, en anglais.

    En réalité la question autochtone est une des plus complexes dans ce monde moderne, non seulement au Canada mais partout dans les Amériques et ailleurs. La réalité c'est que, légalement, ces peuples ont des droits définis par les lois canadiennes (les autochtones sont de compétence fédérale), certaienes lois québécoises et le droit international. Entre autres, le titre autochtone existe bel et bien dans notre droit interne et il reste à en déterminer l'étendue, que ce soit par traité, par entente mutuelle ou par jugement des tribunaux.

    La question des Mohawks est loin d'être résolue et oui, il y a des preuves très probantes qui prouvent qu'ils habitaient la vallée du St-Laurent au moment du premier contact avec les Français en 1534. Ce qui est arrivé entre les voyages de Cartier et ceux de Champlain pour qu'ils disparaissent de cette région, on ne sait pas trop. Mais par la suite, des Mohawks se sont convertis au catholicisme et ont été relocalisés près de Montréal. Depuis, c'est une question exrêmement complexe qui n'est ni noire, ni blanche mais pleine de nuances.

    Tout comme les descendants des Français et des Anglais, les autochtones ne s'en iront pas et nous sommes « condamnés » à vivre ensemble, qu'on le veuille ou pas. Alors vaut mieux être de bonne foi et négocier sérieusement que d'attendre que la situation pourrisse et dégénère comme cela est arrivé à Oka en 1990.

  • Gebe Tremblay - Inscrit 26 juillet 2010 14 h 10

    @Pierre Rousseau

    Selon les Nations Unis, un peuple autochtone est un peuple qui vivait sur un territoire avant une colonisation par une guerre ou une immigration massive pour la conquête de ce territoire.

    Or, les Québécois forment un peuple qui s'est installé sur les rives du Saint-Laurent en alliance avec les nations amérindiennes qui s'y sont aussi installées à différentes époques , et même après les Québécois (Canadiens), et dont la population s'est développée par les "voies naturelles" et non par immigration massive, avant la colonisation guerrière et d'immigration massive par l'Anglais.

    Donc, les Québécois forment une nation autochtone du Québec au même titre que les amérindiens du Saint-Laurent.

    Les Mohawks n'habitaient pas le Québec à la conquête.

    Nous n'avons jamais été "condamnés" à vivre avec nos alliés amérindiens. C'est l'Anglais qui nous a imposé les mohawks qu'il ne supportait pas lui-même par racisme.

    Le respect ça se partage. On ne négocie pas avec celui qui ne nous reconnaît pas.