Lettres - Pauvre Québécois !

Vraiment, aujourd'hui je ne suis pas très fière d'être Québécoise quand je lis des commentaires stéréotypés concernant le fait que le gouvernement, par la loi 103, tend à assimiler les Québécois!

Pauvre Québécois qui a peur d'être colonisé! Ce n'est pas parce qu'un gouvernement respecte le droit de tous les Québécois que cela veut dire qu'il essaie d'assimiler quelqu'un. Le principal ennemi de la langue française, c'est nous, les Québécois francophones, qui ne faisons pas l'effort de bien parler et bien écrire le français. J'ai des amis immigrants qui ne font aucune faute et qui connaissent mieux l'histoire du Québec que moi! Encore une fois, on tente de se déculpabiliser en faisant porter le blâme au gouvernement. En passant, les anglophones ont les mêmes droits que nous ici. Je suis contente de la loi 103, qui confirme que les Québécois ont le choix. C'est tout ce que je veux, prendre mes décisions moi-même en ce qui concerne mon éducation. Peut-être que la vraie question est: est-ce que nous enseignons le français correctement dans nos écoles?

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Annie Gascon - Le 2 juin 2010
11 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 4 juin 2010 06 h 16

    Bravo et merci. Avoir le choix, la liberté, la paix. C'est tout ce qu'on demande...

    Avoir des droits, c'est aussi avoir des devoirs. Le français sera sauvé si chacun décide de le sauver. C'est un devoir pour chacun de maintenir et d'améliorer la qualité de la langue parlée et écrite. Mieux les étrangers seront acueillis, plus ils seront disposés à apprendre la langue commune et à s'associer à la culture environnante. Et, ne l'oublions pas, en y apportant aussi leur propre contribution. Si on n'accepte pas cette contribution, on ne fait pas preuve d'un accueil convenable. Je suis également d'accord sur ce point avec, Annie Gascon, le gouvernement ne peut pas être responsable de tout. Son mandat et son devoir sont de poser des balises. Les citoyens assument le reste des responsabilités. Enfin, j'ai également des collègues et des voisins, arrivés de l'étranger, et certains anglophones d'ici, qui connaissent mieux que plusieurs l'histoire du Québec et du Canada, et qui maîtrisent le français mieux que moi.
    Un exemple, qui n'est pas récent, mais qui est valable, serait le fait que ce soit un Québécois anglophone, Conrad Black, à un certain moment Directeur de la fondation Le Cardinal Léger et ses oeuvres, qui ait écrit la biographie la plus complète et intéressante de Maurice Duplesis, ce que Robert Rumilly a reconnu avec élégance, une oeuvre magistrale qui contient également une infinité de commentaires éclairants sur ses contemporains et sur les moeurs de l'époque.

    G.P.

  • Franfeluche - Abonné 4 juin 2010 08 h 48

    La fierté ne suffit pas.

    La fierté qui se traduit par un désir de mieux parler et écrire sa langue, ne suffit pas à la sauvegarder devant le pouvoir d'attraction de la langue anglaise. D'où la nécessité de l'intervention de l'état québécois. Malheureusement, on ne peut laisser le choix de la langue d'enseignement aux aléas du libre choix.

  • Philippe Trempe - Inscrit 4 juin 2010 08 h 59

    Droits collectifs contre droits individuels

    Il est assez saugrenu dans un même texte de rire de la peur du Québécois, individu, d'être colonisé ou assimilé tout en lui faisant porter le blâme de sa déchéance linguistique.
    Si la loi 101 a été créé c'est justement en considérant d'abord les intérêts collectifs sur les intérêts individuels. Pour les nouvelles générations élevées, encore plus que les précédentes, dans l'individualisme omniprésent, je conçoit que cette logique puisse leur échapper.
    La loi 101 vise à protéger la seule nation francophone en Amérique. Ici il ne s'agit pas de pronostic; il s'agit d'observation des faits. Dans toute communauté, peut importe ses racines, la langue qui finit par s'imposer comme langue de communication est la langue d'usage au travail et à l'école. C'est en constatant l'assimilation, en quelques générations, des descendants des Canadiens Français s'étant expatriés dans le reste du Canada et en Nouvelle-Angleterre que l'on peut comprendre et accepter la loi 101.
    Il s'agit donc ici, au-delà des caprices individuels de décider si nous voulons continuer, à moyen et long terme, de vivre en Français au Québec.
    La langue étant l'ADN d'une nation (dixit Gilles Vigneault), c'est donc, par extension, de notre existence même qu'il est question ici.

  • François Dugal - Inscrit 4 juin 2010 09 h 46

    Le volant

    Il voulait avoir les deux mains sur le volant. Nous les lui avons données. Vive la démocratie!

  • Sansterre Gilles - Inscrit 4 juin 2010 09 h 48

    La Lousianne!

    Mme Gascon,

    Vous soulignez à juste titre quel la connaissance du français devrait être renforcée. Mais vous errez complètement au sujet du libre le choix.

    Le libre choix est le modèle pratiqué au Canada. Ce modèle engendre un taux record d'assimilation des francophone à l'anglais.

    Est-ce vraiment ce que vous souhaitez? Je crois que nous devrions en tant que nation être en mesure de voir plus loin que le bout de notre nez!

    Cordialement,