Lettres - Orgue à vendre

Le Devoir relatait hier en première page les déboires des paroissiens de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus de Montréal, aux prises avec un éléphant blanc impossible à chauffer l'hiver, mais qui abrite un joyau précieux: un magnifique grand orgue Casavant. Le gouvernement du Québec, qui donne déjà beaucoup au patrimoine religieux, affirme «ne pas pouvoir sauver tous les chats de ruelle». Bon. C'est vrai que les minous bâtards sont nombreux autour de l'église, l'avortement étant jugé immoral par les «vieilles soutanes», dont celle de Québec.

Puisque cet orgue, convoité tant par les Ontariens que par les Japonais, est d'une si belle facture, pourquoi la maison Casavant ne le rachète-t-elle pas? Ce geste de bonté serait tout à son honneur: l'orgue, rafraîchi par les soins des artisans de Casavant, pourrait ensuite être offert à un organisme voué à la diffusion de la belle et classique musique: conservatoire de musique, Festival d'Orford, de Lanaudière, Domaine Forget, par exemple.

Allez, Casavant: GO! GO! GO!

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Paul Toutant - Montréal, le 18 mai 2010
2 commentaires
  • camelot - Inscrit 19 mai 2010 11 h 19

    Pas un magasin

    Casavant frère n'est pas un magasin d'instruments de musique comme Archambault. Chacun de ces instruments est le résultat d'une commande unique, adaptée aux besoins et au lieu de son installation. De plus, les paroissiens, c'est-à-dire, nous, avons déjà payé vet instrument et sa restauration. L'église et son orgue font partie du patrimoine de Hochelaga-Maisonneuve. La ministre Christine St-Pierre erre en parlant de chat de ruelle. C'est sa mission de conserver les biens culturels : qu'elle le fasse !

  • Louis Langelier - Abonné 19 mai 2010 17 h 27

    Un bon tuyau pour cet orgue…

    Les Torontois et les Japonais qui ont l’œil dessus ne s’y trompent pas : l’orgue de Très-Saint-Nom-Jésus, restauré il y a quelques années, est un instrument magnifique et en excellente condition. J’aimerais bien savoir pourquoi les administrateurs de la nouvelle salle de l’OSM qui ouvrira ses portes dans moins de 18 mois ont refusé de l’y intégrer.

    Bien sûr, il est tentant de rester accroché à l’espoir de trouver éventuellement les 4 ou 5 millions $ requis pour un bel instrument tout neuf qui serait la 8e merveille du monde, mais la réalité c’est que l’orgue de l’église du TSNJ, selon certains organistes réputés dans cette ville, est tout à fait adéquat pour la musique romantique et symphonique des XIX et XXe siècle qui serait jouée avec l’orchestre. Point n’est besoin d’un orgue qui permettrait aussi le récital intimiste : nous avons déjà plusieurs instruments et lieux appropriés à Montréal.

    Comme ce stade olympique châtré qui a ouvert ses portes sans son mât en 1976, voilà que l’histoire de notre belle ville de Montréal se répète avec une salle symphonique qui sera inaugurée sans l’orgue pourtant originellement prévu. Cette fois-ci, que je sache, on ne peut pas blâmer un Français pour nos fantasmes!

    Le mieux est l’ennemi du bien. Cette solution du réaménagement de l’orgue de l’église TSNJ a le mérite d'être pragmatique, adéquate, réaliste et beaucoup moins coûteuse. En attendant le jour où les fonds deviendraient disponibles pour un nouvel instrument mythique, on risque de se retrouver avec une église en ruines dont le joyau aura été retranché à jamais du patrimoine instrumental québécois.