Lettres - «Quelle compétitivité?»

Bravo et chapeau à M. Jean-Robert Sansfaçon. J'ai été ravie de lire son éditorial du 15mai intitulé: «Quelle compétitivité?» où il dénonce le monde des affaires qui n'arrête pas de quémander des réductions d'impôts, en invoquant la compétitivité mondiale. M. Sansfaçon démontre que, bien au contraire, Montréal se classe parmi les villes les plus compétitives au monde.

En effet, le régime fiscal actuel, c'est «Robin des bois à l'envers: on vole la classe moyenne pour donner aux riches.» Les multinationales et les grandes entreprises ont impunément recours à l'évasion fiscale. Elles bénéficient d'échappatoires fiscales, de crédits d'impôt, et de paradis fiscaux. Comme le mentionne Brigitte Alepin dans son livre Ces riches qui ne paient pas d'impôts, les grandes entreprises ne paient pas leur juste part d'impôts. Elles n'en versent que 4 % de l'assiette fiscale lorsqu'elles en paient.

Et, comme si ce vol institutionnalisé des fonds publics ne suffisait pas, elles ont le toupet de demander des subventions, même si elles déclarent chaque année des profits records. C'est de l'assistance sociale pour les riches!

Le reste d'entre nous paie plus de 60 % de son salaire en taxes diverses: impôts fonciers, retenues à la source, taxes scolaires, taxes de vente et de service, frais d'utilisation, etc. Toutefois, lorsque nous demandons des fonds pour des services essentiels tels que les soins de santé, l'éducation ou la réparation des ponts et des infrastructures, on nous sert toujours la même rengaine: «Les coffres de l'État sont vides!» Warren Buffet, le gourou américain de la finance, admet que si les grandes entreprises payaient leur juste part d'impôts, l'imposition des particuliers deviendrait complètement inutile.

Faire payer les pauvres n'est pas du tout courageux, M. Charest, c'est plutôt lâche!

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Nadia Alexan - Montréal, le 15 mai 2010