Lettres - Le code d'éthique n'est pas la réponse

Notre époque est marquée par l'esprit de la technique. Dès qu'un problème survient dans le système politique, on pense immédiatement à adapter le logiciel bureaucratique. Et quand le problème, c'est l'homme, rien n'y change. Il est lui-même un procédé réglable. Commet-il une faute que l'on s'empresse de codifier ses devoirs.

Mais parfois, peut-on penser que l'esprit de finesse est préférable à l'esprit technicien? Que la sagesse peut ce que les règlements ne peuvent pas?

Le premier ministre Charest, tandis que son gouvernement et son parti sont paralysés par les allégations de patronage et de corruption, nous promet un code d'éthique pour les élus d'ici l'été. On peut se demander si cette tactique permettra de contenir la grogne au Québec. Mais il me semble que ce cataplasme ne fera que confirmer les cyniques dans leurs convictions, à savoir que les politiciens doivent être tenus en courte laisse.

Sinon, qu'est-on en droit d'attendre de notre gouvernement? L'Histoire nous révèle, et c'est une chose que l'on a comprise dès l'Antiquité, que les grands hommes politiques ont eu au moins deux qualités essentielles en commun: l'amour de la patrie et des principes moraux. Alors que l'on se propose de clarifier les règles de comportement de nos élus, il me semble que le temps est peut-être plus propice à ce que les politiciens nous éclairent, quitte à le refaire avec conviction et honnêteté, sur une question plus fondamentale: au nom de quels principes font-ils de la politique?

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Simon Couillard - Professeur de philosophie, cégep de Drummondville. Le 13 mai 2010
 
4 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 15 mai 2010 02 h 38

    Un petit catéchiste?

    Le petit catéchiste de notre enfance n'a pas converti beaucoup de monde ni gardé beaucoup de chrétiens dans le bon comportement.
    M. Jean Charest, arrêtez vos sermons, donnez le bon exemple, et faites le ménage avec une commission d'enquête. La conscience ne dépend pas d'un “petit catéchiste de l'éthique”. Les corrompus ne marchent que par la peur.

  • Pierre Bernier - Abonné 15 mai 2010 09 h 22

    Observation intéressante, conclusion déracinée ?

    Le service public dans tous les domaines exige un « supplément âme » !

    Les élus, mais aussi les administrateurs publics et les fournisseurs de services publics à tous les niveaux (y compris les enseignants...) doivent être en mesure d'identifier clairement ce qui constitue l'intérêt général et le bien commun de la collectivité qu'ils ambitionnent servir.

    Ceci dit, pour les y aider, et pour protéger les composantes de la collectivité qui ont autre chose à faire que discuter constamment pour tenter d'établir les errances, il est nécessaire que des règles déontologiques précisent les attitudes et comportements qui ne seront pas tolérés.

    Encore une fois, l'épaisseur du réel le commande !

  • - Abonnée 15 mai 2010 11 h 00

    L'éthique pour les nul...

    L’histoire nous révèle également que quand le peuple en a assez il se lève ou se soulève d’une manière ou d’une autre.

    Monsieur Charest, avec l’appui de ses députés-ministres transformés en courtisans, s’agite présentement en véritable «despote» mal éclairé. Que peut faire le peuple pour faire comprendre à son gouvernement qu’il en a justement assez?

    « Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu’il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu’ils en seraient quittes en cessant de servir. » (traduit en français moderne) auteur, Etienne de la Boétie, Discours de la servitude, 1576.

    En d’autres mots, et Thoreau ne l’aurait pas dit autrement, en appeler à la résistance passive par des actions concrètes de protestations pacifiques.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 16 mai 2010 12 h 58

    Gouvernement parallèle

    Le Parti Libéral du Québec a deux branches exécutives. Les adjoints politiques des ministères sont liés à ceux du bureau du Premier-ministre. Ces aparatchiks fouillent toutes les opportunités de postes à combler et tous les contrats à venir selon les ministères. Cette information privilégiée ne rejoint pas le gouvernement avant que le Parti Libéral ait décidé de la courte liste des favoris de Charest, Damours, Nromandeau, Bachand et compagnie. De plus le lien avec Michel Bissonnette, ancien Président de l`Assemblée nationale, maire de St. Léonard et liaison entre Gérald Tremblay et Jean Charest promet de grosses surprises en camouflage de fonds. Ce gouvernement parallèle doit être sous la loupe d`une commission d`enquête publique et criminelle, car le noyau dur des profiteurs s`y retrouve.