Lettres - «Cancer» capitaliste

L'article intitulé «Un cancer, le capitalisme?» (Le Devoir du 11 mai) nous rappelle avec à-propos le premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme, mais il ne me semble pas aller assez loin dans les conclusions qui s'en dégagent. Oui, il faudrait bien humaniser le capitalisme; le problème, c'est que la chose s'est avérée impossible. Oui, il y a des États plus démocratiques que d'autres; oui, il y a des coopératives un peu partout, mais cela ne fait qu'amenuiser un peu les métastases du cancer.

Michel Chartrand, qui vient de nous quitter, était connu pour être un grand sacreur, mais il était surtout un grand syndicaliste et un ardent coopérateur. Il citait souvent l'article de la déclaration mentionnée ci-dessus, mais dès 1975, au congrès du Conseil central de Montréal de la CSN, il poussait la conclusion un peu plus loin: «Enlever le pouvoir politique des mains des capitalistes, faire la révolution complète, basculer complètement. Que le peuple soit au-dessus du pouvoir politique au lieu que ce soit la dictature économique, c'est pas mystérieux et c'est pas malin. On n'a pas besoin de connaître Marx pour faire ça. La vie de tous les jours nous l'apprend.»

«Il nous faut une véritable et permanente éducation citoyenne» disent les auteurs de l'article du Devoir. À nous d'y mettre le contenu pour atteindre l'objectif qui est d'éliminer le cancer et de refaire le basculement du monde.

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Yves La Neuville, Longueuil, le 11 mai 2010

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