Lettres - Accidents «hautement improbables»

Rabaska: vous vous souvenez? C'est ce projet de terminal méthanier que le gouvernement libéral a autorisé.

Pour donner son aval à l'établissement de ce projet en milieu habité, le gouvernement s'est basé sur la parole du promoteur qualifiant de «hautement improbables» tous les risques d'accidents liés à ses activités, qu'elles soient de navigation de transbordement ou de stockage de son combustible fossile à haute dangerosité. Ignorant totalement les avis contraires répétés de ses propres experts de la santé publique sur le manque de sécurité de ce projet, le gouvernement n'a même pas jugé bon de valider par une contre-expertise indépendante l'assurance optimiste des promoteurs. «Hautement improbable», s'est-on contenté de répéter.

On pourrait dresser une longue liste de tous ces accidents «hautement improbables» qui sont survenus dernièrement. À l'échelle locale, l'échouement d'un navire dans le Saint-Laurent en face du site portuaire projeté de Rabaska ainsi que la foudre tombée à quelques pas de son site terrestre et des lignes à haute tension d'Hydro-Québec qui le voisinent sont deux exemples parmi tant d'autres. À l'échelle du continent, l'explosion d'une conduite de gaz naturel au Connecticut, d'un réservoir de combustible fossile à Toronto et bien sûr la marée noire du golfe du Mexique, sont tous des accidents qui ne devaient pas survenir selon leur promoteur respectif parce que «hautement improbables». Mais ils sont survenus. Et ils surviendront encore. Qui sera alors le plus à blâmer? Le promoteur qui a réussi à convaincre en minimisant les risques ou le législateur qui a autorisé le projet en fermant les yeux?

***

Jacques Levasseur - Association pour la protection de l'environnement de Lévis
4 commentaires
  • Andre Vallee - Abonné 7 mai 2010 02 h 15

    Crimes contre l'humanité

    L'exploitation des sable bitumineux, Rabaska, les forages au large ... etc... sont des crimes contre l'humanité qui devraient tomber sous l'interdit du code pénal international. Tout pays et toute compagnie qui l'autoriseraient et l'entreprendraient devraient être sévèrement sanctionnés.
    Les enveloppes brunes doivent circuler.

  • Claude Archambault - Inscrit 7 mai 2010 09 h 25

    Il y a toujours un risque

    Dans toute activité il y a un risque. Allons nous cesser de progresser, allons nous nous apauvrir au nom du risque zéro?
    Ce qu"il faut faire c'est minimiser les risque, aprendre des accidents, et oui il y en aura, et continnuer à avancer.

    Combien y a t il de platforme dans le monde? des milliers. Combien d'accidents? une poignée.

    Toutesactivité humaine comporte des risque pour les autres humains. C'est la vie.

  • Centre De Documentation Musée Pointe-À-Callière - Abonné 7 mai 2010 09 h 53

    Rabaska - L'épée de Damoclès

    Difficile d'oublier ce projet qui demeure suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des citoyens de l'île d'Orléans et de la rive-sud, sans parler de la menace qu'il laisse planer sur tout l'écosystème du fleuve St-Laurent...

    Vous avez bien raison, Monsieur Levasseur, de rappeler ces incidents «improbables» qui sont survenus malgré les assurances spécieuses données par les promoteurs et leurs complices. Il me semble que ces incidents, survenus en si peu de temps, devraient être consignés comme autant de prises contre ce projet insensé.

    Quant à l'embargo exercé par le gouvernement à l'encontre du rapport de la sécurité publique, c'est sans aucun doute l'une des manigances les plus scandaleuses commises par ce gouvernement ces dernières années !

    Éric Major

  • Bernard R - Inscrit 7 mai 2010 14 h 22

    C'est comme le gaz de schiste

    Nous autres aussi on est pris avec ce genre de problème des entreprises qui sont juges et parties prenantes, avec l'assentiment de notre premier ministre du Québec (il a même donné 4 000 000$). L'entreprise refuse de mettre par écrit qu'il n'y a aucun risque ainsi que le ministère des ressources naturelles qui se fie entièrement à l'entreprise Australienne qui vient perforer notre sol a ±600 m. d'une garderie. Par exemple en cas d'explosion sur un rayon de 4 km, l'entreprise certifie qu'il y a 2 unités d'urgence, 1 en Alberta et l'autre en Nouvelle-Écosse, je crois rêver quand j'entends de telles balivernes.
    Il n'y a pas ou peu de création d'emplois, ça n'enrichit en rien la communauté, elle doit d'ailleurs se battre contre le gouvernement, la multinationale, et autres problèmes, il faut voir une entreprise comme BP qui a plus de 60 ans d'expertise et regardez ce qui arrive dans la baie du Mexique.
    Ça va arrêter ou la folie des gazo-dollars, il y a des alternatives au gaz surtout qu'il n'est pas pour le Québec.
    On demande juste un moratoire et le gouvernement fait la sourde oreille. Allez voir notre blogue : http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.com/
    Le plus dur c'est de mobiliser les citoyens car ils pensent tous que c'est pas dans leur cour....