Lettres - Langue québécoise

Étant un fidèle lecteur du Devoir, je me dois de vous écrire ce matin comme suite à votre chronique du 16 avril 2010 intitulée «Notre langue à nous?». Je ne suis pas un expert de la langue, quoique celle-ci m'interpelle au quotidien sous toutes ses coutures et toutes ses tendances. Si, au fil des siècles, plusieurs nations ont rédigé leurs propres dictionnaires, pourquoi la nation québécoise n'en ferait-elle pas autant pour décrire ses réalités sociales, politiques, historiques, géographiques et culturelles? Poser la question, c'est y répondre.

Je vous suggère le lien Internet http://franqus.ca/dictio/ pour mieux saisir la démarche de linguistes québécois qui sont à mettre au point un outil de référence dictionnairique afin de répertorier et de faire connaître les nuances linguistiques propres au Québec. Cette démarche est sans aucun doute la plus authentique et la plus pédagogique pour faire avancer le français standard en usage au Québec, qu'il ne faut surtout pas confondre avec la langue québécoise de niveau populaire. Dois-je comprendre de votre raisonnement que vous acceptez que d'autres nations aient leurs dictionnaires, alors que nous, nous devrions continuer de nous brancher sur la France pour comprendre les particularités du français d'ici de qualité?

Une excellente réflexion en espérant que vous consulterez, si ce n'est déjà fait, Le Dictionnaire de la langue française: le français vu du Québec, accessible à l'adresse donnée ci-dessus. Vous observerez la convivialité et la justesse des définitions et des exemples des 30 000 articles déjà complets. Les autres, étant en cours de révision, ne sont pas accessibles pour le moment, mais ça ne devrait pas tarder. Une excellente lecture et une belle réflexion sur ce nouvel outil de travail pour celles et ceux qui désirent parfaire leurs connaissances à l'égard du français vu d'ici.

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Pierre Carpentier - Professeur de mathématiques à la retraite - Gatineau - le 4 mai 2010
3 commentaires
  • Paul Lafrance - Inscrit 6 mai 2010 07 h 28

    La priorité

    Avant de penser à adapter la langue française à la supposée réalité québécoise, il faudrait d'abord penser à l'enseigner de la bonne manière. Il n'est pas normal que nos jeunes universitaires commettent plus de fautes d'orthographe et de grammaire que nos grands-mères qui souvent n'avaient pas étudié plus loin qu'une huitième année. Modifiez les mots, inventez en des nouveaux, simplifiez autant que vous voulez les règles grammaticales, les jeunes auront un français aussi pauvre et commettront autant de fautes tant et aussi longtemps que son enseignement sera dépourvu de rigueur intellectuelle.

  • Michel Laurence - Inscrit 6 mai 2010 09 h 10

    Un véritable drame !

    Monsieur Paul Lafrance, je partage votre point de vue et j'ajoute ce qui suit.

    Bravo, à toutes les réformes, à tous les réformistes, à tous les plénipotentiaires du Ministère. Vous avez bien fait votre travail. Il fallait absolument tout changer. Tout était trop difficile. Il fallait faciliter les choses. Vous vouliez justifier votre emploi, vous aviez dangereusement soif de pouvoir. Vous auriez décidé que nous serions la dernière génération à posséder notre langue que vous n’auriez pas procédé autrement.

    Vous avez presque réussi. Heureusement qu'il y a encore certains parents qui veillent au grain et à l'éducation de leurs enfants.

    Bravo le Ministère ! Vous avez fait la même chose avec notre histoire.

    Petit concours pour le gagnant duquel il n’y aura rien d’autre à gagner que la gloire !

    « Comment appelle-t-on quelqu’un ou un organisme qui dépossède sciemment un peuple de sa langue et de son histoire ? »

  • André Loiseau - Abonné 6 mai 2010 18 h 31

    La danse la moins jolie...

    Messieurs Carpentier et Lafrance ont raison.
    Pour l'enseignement du français, les jeunes ne savent plus sur quel pied danser. Faudrait-il écrire en français européen ou en français d'Amérique du nord? Une fois la langue et la nation assises sur de solides fondements, le tango des orthographes deviendra plus harmonieux.