Lettres - Le gouverneur général

Le débat qui a cours depuis quelques jours autour du poste de gouverneur général d'une part et, de l'autre, sur l'à-propos de renouveler ou non le mandat de l'actuelle titulaire du poste se déroule dans une regrettable confusion.

D'une part, on s'interroge sur les mérites de la présente titulaire, qui bénéficie d'une excellente image, dans l'ensemble, sur un éventuel deuxième mandat à lui accorder et, alors, deuxième mandat plein ou simple prolongement de l'actuel mandat, mais alors de combien de temps: un an, deux ans, etc.. D'autre part, on semble tenir pour acquis l'existence d'un poste de gouverneur général au Canada, sans évoquer le fait que partout ailleurs dans le monde les pays indépendants, c'est-à-dire presque tous, ont leur propre chef d'État, généralement président de la République, élu au suffrage universel. Et cela, y compris dans les pays britanniques, membres du Commonwealth, qui ont à leur tête un président de la République.

Pendant combien de temps encore le Canada conservera-t-il son statut colonial? Le premier ministre actuel pourrait trouver là une occasion de marquer sa place dans l'Histoire d'une façon éloquente et flatteuse.

***

Jean-Marc Léger - Montréal, le 3 mai 2010

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4 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 5 mai 2010 03 h 18

    Le gouverneur général n'est qu'un exécutant.

    Jean-Marc Léger oublie le fait que le Canada ne connaît pas un régime présidentiel et que pour qu'abolir le poste de gouverneur général il faudrait modifier la Consitution canadienne et voir aussi au préalable à l'abolition de la royauté au Canada, institution que représente le gouverneur général. Ce qui ne serait pas une mince affaire, le consentement unanime du fédéral et des dix provinces étant exigé. Quant au choix du titulaire de ce poste, voilà une question d'opinion. Mais celui-ci ne doit jamais oublier qu'il n'exerce qu'une fonction honorifique et ne possède aucun pouvoir politique. C'est un simple exécutant des demandes ou des ordres du premier ministre. Ainsi va la démocratie canadiene et c'est mieux ainsi. La gouverneure générale actuelle semble avoir eu quelques difficultés à appliquer ce principe fort simple qui relève de la convention constitutionnelle.

    Michel Lebel
    Ancien professeur de droit constitutionnel

  • Catherine Paquet - Abonnée 5 mai 2010 03 h 53

    Combien de monarchies compte encore l'Europe? Huit.


    La Belgique, le Danemark, l'Espagne, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume uni d'Angleterre et d'Écosse et la Suède.

  • Khayman - Inscrit 5 mai 2010 08 h 10

    Sans espoir

    Tant que le parti au pouvoir sera gangrèné par la religion, qui veut nous ramener au Moyen-Âge, vous ne pouvez espérer qu'il y ait progression.

    Bien que la corruption semble larver notre gouvernement provincial, elle me semble plus facile à traiter puisque tout le monde s'entend pour dire que la corruption, c'est mal, alors que ce n'est pas le cas de la religion.

    La seule chance que je voie qu'il n'y ait plus de généraux-gouverneurs au Québec est de faire un pays de notre province.

  • Frederic MOISY NGUYEN - Inscrit 16 mai 2010 14 h 56

    Symbole

    Le Gouverneur Général du Canada est une institution qui témoigne du passé sans douleurs des canadiens pour un régime politique qui s'est construit dans la lutte intellectuelle et non dans la lutte sanglante.
    Le Gouverneur Général du Canada représente à la fois l'histoire du Canada, la transition entre l'avant et l'après indépendance politique et ce poste évolue depuis 1952, date à laquelle le premier Gouverneur Général Canadien occupa la fonction, le Très Honorable Vincent Massey. Le Gouverneur Général représentait le Souverain. Aujourd'hui, on peut dire que le Gouverneur Général représente avant tous les canadiens auprès du Souverain ! la Très Honorable Adrienne Clarkson, dans ses mémoires, indiquait que le Canada s'est tourné vers sa propre monarchie constitutionnelle. Le Canada évolue dans la douceur et la fonction de Gouverneur Général doit demeurer aussi longtemps que les canadiens ne seront pas décidés à brutaliser une histoire aussi belle.