Lettres - Amende absurde

C'est avec une immense indignation que je reçois aujourd'hui une amende pour avoir traversé à pied sur la lumière verte.

Il est vrai, et je le reconnais, que j'ai entamé ma traversée lorsque la main clignotante était en fonction et qu'il restait quelques secondes pour effectuer le trajet. Ceci constituait effectivement bien suffisamment de temps pour traverser la rue complètement sans menacer ma sécurité et la sécurité publique d'aucune façon. J'ai été d'autant plus outré, scandalisé de remarquer que le dialogue et la conciliation ne sont pas mis en pratique de la part du policier. En effet, une femme en avant de moi venait de commettre le même «délit» et avait reçu un simple avertissement parce qu'elle n'avait pas ressenti le besoin de s'interroger sur son infraction auprès du policier, peut-être était-elle déjà au courant de son méfait. Le point que je veux faire est que moi, quand j'ai osé de bonne foi demander quel tort j'avais commis d'un air étonné, c'est à ce moment précis que le policier m'a demandé de sortir une pièce d'identité. En tant que bon citoyen, n'ai-je pas droit à la discussion et à l'interrogation surtout lorsque je ne sais pas quelle infraction j'ai commise? Je pense qu'un avertissement aurait été nettement plus à propos et digne de bon jugement de la part du policier. Je sens que j'ai été abusé et qu'on a profité d'une situation géographique et technique stratégique pour imposer des amendes. C'est parce que je vous respecte, vous le corps policier, que je livre mon opinion et l'opinion, j'en suis persuadé, de plusieurs autres, parce que cette infraction n'en est pas vraiment une et qu'il ne faudrait pas abuser des bons citoyens de la sorte, ni d'aucune autre façon d'ailleurs. Vous opérez pour l'argent et le travail facile, ou pour assurer une véritable et harmonieuse sécurité publique? Voilà la question que je me pose parfois.
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Charles Pichet, le 28 avril 2010

7 commentaires
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 30 avril 2010 07 h 52

    À M. Piché: Égalité des sexes?

    Je me suis souvent exprimé, sur les forums ici, sur cette valeur plutôt virtuelle dite québécoise, l'égalité des sexes. Celle-ci étant entendue comme celle des femmes avec les hommes, dont la position sociale ou politique a été longtemps supérieure... et le demeure en bonne partie Or, votre lettre me permet d'aborder l'autre versant de cette inégalité, c'est-à-dire du point de vue de la justice, où souvent les hommes eux aussi ont à souffrir de discrimination, par rapport aux femmes, celles-ci bénéficiant, dans certains domaines, d'une d'une bienveillance tacite.

    Dans le cadre d'un emploi où j'avais parfois à me servir de mon auto, début des années '80, il m'arrivait une fois ou deux par semaine, d'emprunter la rue Notre-Dame, disons de Papineau au coeur de Montréal-Est, en dehors des heures de pointe, cette artère constituant alors une véritable piste de course. J'y roulait la plupart du temps bien au-delà de la limite permise, comme à peu près tout le monde, mais prudemment... Or, pendant les six mois de cet emploi, je n'ai jamais eu une seule contravention. Il m'est arrivé de me faire claxonner par une auto patrouille, et le conducteur me faisait un petit signe accusateur de l'index, qui m'amenait à ralentir, pour une minute ou deux. Et cela n'est rien: au début des années '90, après un party bien arrosé, au beau mileu de la nuit une femme propose de ramener tout le monde (4 personnes) à bon port. Sauf moi, pour des raisons de santé, tous étaient pas mal "guerlos", mais je n'avais pas renouvelé mon permis... La conductrice était tellement bourrée qu'elle dut s'arrêter à quelques reprises pour vômir; mais consciente de son état, elle roulait très lentement, s'endormant parfois au feu rouge. Alors voilà t'y pas que survient une auto patrouille derrière; je saisi ma ceinture et on se tasse... L'agent, sûrement assailli par l'odeur de fond de tonne, commence par me dire que ma ceinture n'était pas attachée, et je lui prouve le contraire, mais il dit que je viens juste de le faire; puis il déclare à la madame (début cinquantaine) qu'elle a grillé un stop. Elle s'excuse sur un ton normal, se présente comme une bonne samaritaine. Il la gronde un peu, lui fait le geste accusateur du doigt et, après avoir vérifier son permis, repart... en lui disant de faire attention. Peut-être maintenant sont-ils plus sévères, mais qu'en est-il des piétonnes?

    Depuis 1992 je demeure dans le "village" près du centre-ville. Or je dois confesser que je passe systématiquement au rouge, du moment que la voie est libre et sans danger imminent, cela à la barbe même des policiers (et à l'étonnement de plusieurs de mes pairs), par défi ou sens de l'honnêteté, et ce tant à pied qu'en vélo. Encore là, je n'ai même jamais été avertie. Il s'en trouvera pour me reprocher mon manque de civisme, etc., mais faut dire que ce qui me conforte dans ce comportement c'est que... les seules fois où j'ai failli me faire frapper, je passais sur la verte ou déambulais dans un autre contexte. Et je suis persudée que là encore, chez les itinérants qui sont fortement verbalisés, les hommes sont le sont plus que les femmes qui, victimes par excellence, font pitié.

    Il y a un autre domaine où l'inégalité règne toujours, au profit des femmes: le domaine de l'abus (ou agression) sexuelle où les femmes sont les contrevants. J'y reviendrai sans doute sur ce forum ou un autre...

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 30 avril 2010 09 h 57

    M Pichet

    Vous dite que la femme avant vous n'a eu qu'un avertissement, c'est que probablement elle a été polie et collaborée. Et vous vous avez questionné l'autorité du policier et de plus si elle était avant vous cela fait que vous avez traversé la rue dans une situation d'illégalité encore plus évidente.
    il est grand temps que les policiers s,attaque au piéton délinquant. Le centre ville de Montréal en est plein et il n'y a pas assez de policier pour tous les arrêter.

    Maintenant que vous avez gouté à l'amende la prochaine fois vous allez attendre le feu vert.

    Je ne crois pas que le fait qu'elle était une femme a eu un impact plus que le fait qu'elle a collaborée et qu'elle était moins dans l'illégalité que vous qui suiviez et avez questionné le policier.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 30 avril 2010 12 h 19

    Jamais un Québec pays... bizarre de À à Z

    D'après vous il ne faudrait donc jamais questionner l'autorité? Quel autoritarisme: on est pas loin de la dictature!

    Il faut conclure de vos propos, je suppose, qu'il ne faut jamais questionner l'autorité même quand elle a tort (comme un des deux policiers qui se sont pointés chez moi, un jour, suite à l'appel non fondé d'un voisin, mais qu'importe, sentant l'alcool à plein nez), dans les cas d'abus de pouvoir ou d'erreurs judiciaires, ou juste parce que l'erreur est humaine, même pour les personnes en autorité. Parce que l'autorité, selon vous, ne peut avoir tort, de la même manière que le Québec ne pourra jamais être un pays?

    Savez-vous... autant de bizarrerie me rassure, finalement!

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 30 avril 2010 13 h 00

    Amendes et taxes de toutes sortes

    Que se soit le citoyen à pied ou en voiture Tremblay abuse des taxes et amendes pour satisfaire ses contrats généreux aux firmes légales, d`ingénérie et architects qui contribuent à la caisse d`Union Montréal. Entre-temps les citoyens déménagent vers la banlieue avec ses géants centre commerciaux, sans frais de stationnement et amendes débiles. Et pourquoi pas des frais de passage sur les ponts hein! Le peuple ne viendra plus à Montréal à l`exception pendant les heures de travail. Brilliant le mec en charge des abuseurs.

  • François Dugal - Inscrit 30 avril 2010 13 h 24

    Question judicière

    Quand on marche sur la chaussée sans causer de trouble, un policier a-t-il le droit légal de nous demander notre identité?