Lettres - La réfection de l'échangeur Turcot, ou comment penser à l'envers

Alors que dans tous les pays occidentaux, on essaie de réduire la circulation dans les villes, ici, grâce au réaménagement de l'échangeur Turcot suivant les plans du MTQ, on va l'augmenter (+50 000 déplacements automobiles par jour).

Les impacts négatifs sur la santé de la circulation automobile sont largement documentés. L'Agence de santé et des services sociaux s'oppose d'ailleurs au plan de réaménagement proposé par le MTQ (comme elle s'est opposée au pont sur la 25). Pourtant, le MTQ déclare sur son site, sous la rubrique Acteur clé du développement durable: «La démarche de développement durable du ministère des Transports est basée sur la prise en compte des 16 principes de développement durable tels que définis par la Loi sur le développement durable.» Or, le premier principe de la loi québécoise sur le développement durable est: «santé et qualité de vie»: les personnes, la protection de leur santé et l'amélioration de leur qualité de vie sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Comment prétendent-ils prendre en compte ne serait-ce que le premier principe de la loi québécoise sur le développement durable tout en connaissant les avis négatifs de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal (Rapport annuel 2006 sur la santé de la population. Le transport urbain, une question de santé)?

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Malijaï Caulet, Montréal, le 27 avril 2010
6 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 29 avril 2010 05 h 30

    Et les bouchons...?

    S'il n'y a rien à faire, faute d'argent, pour réduire les bouchons de circulation tous les matins et tous les soirs à toutes les entrées et sorties de Montréal, est-ce que quelqu'un possède la solution miracle, pas chère et réaliste pour les réduire dans l'avenir. Ce n'est certainement pas en criant "transport en commun, transporte en commun" que l'argent va apparaître et que les ponts et les tunnels sous le fleuve vont se réaliser...

  • Jean Richard - Abonné 29 avril 2010 08 h 14

    Le bouchon, c'est un régulateur naturel de la circulation

    Comme disait un vieux proverbe : la voiture a horreur du vide. Si demain matin on doublait la capacité autoroutière des entrées de la ville, il y aurait pour quelques temps un peu d'espace disponible pour que les voitures circulent plus rapidement, mais au bout de quelques mois, ce vide serait comblé par de nouvelles voitures et les bouchons reprendraient de plus belle, toujours plus monstrueux.

    Le bouchon agit donc comme un régulateur. Il donne le signal suivant : il ne faut pas ajouter de voitures, mais chercher des moyens plus efficaces pour rétablir la fluidité de la circulation.

    Il faut avoir vu comment se forme un bouchon pour comprendre que l'automobile individuelle telle qu'on l'utilise dans nos grandes villes n'est pas du tout un moyen de transport efficace. Pourquoi ? Parce que c'est un mode de transport anarchique. On a souvent rêvé de systèmes qui feraient en sorte que la conduite d'une automobile échapperait à ses occupants afin que l'automobile individuelle soit intégré à cet ensemble qu'est la circulation automobile, mais tout ça tient de l'utopie. Le seul régulateur qui fonctionne vraiment, c'est le bouchon.

  • Louis-Georges,Lavoie - Inscrit 29 avril 2010 09 h 18

    Autoroute

    Comment peut-on parler de santé et qualité de vie lorsque ces routes actuelles amènent bon an mal an des bouchons de circulation, autant de semaine que de fin de semaine (pour certaines).
    Eh là on veut réduire lacapacité de cet échangeur, non mais vraiment est-ce socialement et économiquement réaliste? Pour les extrémistes qui ont la science infuse, ici ce n'est pas une affirmation mais un simple questionnement.

  • Catherine Paquet - Abonnée 29 avril 2010 10 h 04

    Cherchons le "moyen plus efficace" que propose Jean Richard

    1- Le nombre de voiture ne peut pas augmenter à l'infini. Chaque conducteur ne peut mener qu'une voiture à la fois. Bientôt, le voitures hybrides ou électriques polueront beaucoup moins, ou pas du tout.

    2- Des moyens plus efficaces que la voiture individuelle, on en connaît. Des pont, des tunels, des metro. Mais ça coute chère. Êtes-vous prêt à payer.

  • Fernand Trudel - Inscrit 29 avril 2010 13 h 00

    Un réflexe de la décroissance

    Les adeptes de la décroissance parlent en fonction de diminuer l'impact de l'explosion démographique de la région. En créant une foule de contraintes pour le centre-ville, les écolos ont permis l'étalement urbain et maintenant se plaignent de la venue des suburbains en ville. Le contraire est la concentration urbaine et permet par le fait même l'augmentation du phénomène de l'ilôt de charleur urbain (ICU), un phénomène que le GIEC considère comme marginal. Pourtant c'est la principale manifestation de l'action humaine sur le climat et ce n'est pas global mais localisé au centre-ville trop entassé. Un autre paradoxe écologique...

    Le discours écolo démontre qu'il coûte cher et que ses solutions sont plus idéologiques que pratiques. C'est vrai que pour eux qui ne créent aucune richesse, les coûts ne sont pas importants dans une décision d'aménagement car pour eux : "Sky is the limit"

    Parlez de diminuer les autos est un réflexe des adeptes de la décroissance économique et démographique. La seule solution est d'émigrer ailleurs qu'à Montréal, vous aurez moins de trafic de transit car moins populeux...