Lettres - Québec contre Montréal: une querelle très ancienne

Automne 1641, Paul Chomedy de Maisonneuve et Jeanne Mance sont en vue de Québec lors de leur voyage en direction de Montréal pour fonder Ville-Marie. Ils s'arrêtent dans la future Vieille Capitale et le gouverneur de la Nouvelle-France, Charles Huault de Montmagny, les reçoit généreusement. Puisqu'il est tard dans la saison, il les convainc de ne pas poursuivre leur route et leur offre l'hospitalité pendant l'hiver qui sera là bientôt.

Mais le gouverneur a d'autres visées! Après la saison froide, alors que Maisonneuve est impatient de reprendre la navigation vers son ultime destination, le gouverneur tente de l'en dissuader. Il lui fait part qu'établir une colonie à Montréal est une folie, car c'est un endroit isolé, sous la menace constante des Iroquois. Marchandeur, il tente de séduire Maisonneuve en l'invitant à établir sa colonie sur les terres beaucoup plus sécuritaires de l'île d'Orléans. Ce que Montmagny veut vraiment protéger, c'est le monopole du commerce des fourrures, car il craint la compétition d'un comptoir de traite à Montréal.

Un peu plus tard, les évêques de Québec, monseigneur de Laval et monseigneur de Saint-Vallier, tergiversent avec Marguerite Bourgeoys qui ambitionne de fonder la congrégation Notre-Dame de Montréal. On va même jusqu'à suggérer que cette nouvelle communauté et les Ursulines de Québec fusionnent. Déterminée, la fondatrice réussit, mais non sans peine, à faire valoir ses ambitions. Elle établira une remarquable congrégation d'enseignantes qui s'épanouira partout au Québec. Marguerite Bourgeoys est décédée en 1700 et est canonisée en 1982, la première sainte au Québec.

Depuis près de 370 ans, Québec met des bâtons dans les roues du développement de Montréal, et ce, à tous les niveaux. Aujourd'hui, ce sont les fonctionnaires de Québec qui empêchent Turcot de tourner en rond! Mais va-t-on en finir avec cette interminable chicane de clochers entre Québec et Montréal?

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Gérard Leduc, Potton, le 27 avril 2010
7 commentaires
  • ragazzino - Inscrit 29 avril 2010 01 h 50

    Et puis quoi encore...

    Vous divaguez complètement....Il est fort probable que les fonctionnaires dont vous parlez ne proviennent même pas de Québec puisque pratiquement chaque ministère du gouvernement a son bureau à Montréal, y compris celui des Transports. Je ne vois pas ce que vous avez à vous plaindre puisque Montréal monopolise tout le Québec de toute façon: montréalisation des médias, du gouvernement, de la population immigrante et des jeunes qui vident leurs régions pour aller s'installer dans la métropole. Si on vous met vraiment dans bâtons dans les roues, ce sont bien les Montréalais eux-mêmes qui les mettent. Ils n'arrivent pas à prendre soin de leur propre ville (une des métropoles les plus sales d'Amérique du Nord) et peinent à accoucher de quelque projet ambitieux et innovateur que ce soit depuis une décennie; vous êtes les seuls responsables.

    Ça me désole que ce journal puisse publier pareille lettre.

  • Michel Rochette - Abonné 29 avril 2010 08 h 20

    Déménageons la capitale à Montréal!

    Eh bien, il faudrait faire comme l'Ontario..une seule grande ville, qui serait également la capitale du Québec à l'image de Toronto..

    D'ailleurs, si on faisait un référendum à ce sujet, la région de Montréal gagnerait automatiquement puisque plus de 50% du Québec y vit...on y gagnerait sur le déséquilibre démocratique du Québec ou Montréal est sous-représentée...en effet, un vote à Rimouski compte plus qu'un vote à Montréal.

    Je ne sais pas si, dans la Constitution canadienne, il y a référence aux villes qui constituent les capitales des provinces ou si celles-ci ont la liberté de l'établir ou ils veulent. Quelqu'un le sait-il?

    De plus, le Parlement de Québec devient trop petit.. Un déménagement à Montréal permettrait de construire un nouveau parlement, moderne...on ferait ce que l'Allemagne a fait en déménageant sa capitale de Bonn à Berlin..

    Ce serait un référendum gagnant...voilà des conditions gagnantes!

  • Rodrigue Guimont - Abonnée 29 avril 2010 09 h 03

    Vous avez raison Monsieur Leduc

    Ce n’est donc pas d’hier que ces petites luttes intestines empoisonnent la vie des Québécois. Il y a sans doute un peu beaucoup de jalousie derrière tout ça. Il suffit que les «Montréalistes» votent d’un bord (disons libéral) pour que les gens de Québec votent de l’autre bord (conservateur). C’est désolant, pénible, et surtout immature comme comportement. Comme si cela ne suffisait pas, beaucoup d’animateurs radiophoniques peu réfléchis (pour ne pas dire plus…) exploitent et entretiennent cette division parce qu’elle est rentable.

    Pour revenir aux sources de cette chicane intestine disons qu’avant même l’arrivée des Français, les Amérindiens de Stadaconé ne s’entendaient pas avec ceux d’Hochelaga. Ces deux établissements iroquoiens se faisaient des querelles pour la moindre petite incursion de territoire.

    Puis vinrent les Français (surtout de Normandie et de Bretagne) et leurs chicanes à propos de tout et de rien : sur le commerce de la fourrure venu des Grands Lacs, qui en s’arrêtant à Montréal ( Société Notre-Dame) ne parvenait pas à Québec (Compagnie des Cents Associés), chicanes encore sur la siège épiscopal en Nouvelle-France, chicanes toujours entre le gouverneur de Québec nommé par le roi et le gouverneur de Montréal poste que détenait Chomedey de Maisonneuve.

    Après la défaite des Plaines d’Abraham, re-chicanes persistantes : Québec a sa propre monnaie fondée sur le cours d’Halifax et Montréal a la sienne fondée sur le cours de New-York. Aux dires de l’historien Marcel Trudel, le Québécois voulant se rendre à Montréal devait présenter pour entrer «en ce pays» un passeport en bonne et du forme.

    Quand allons-nous être assez clairvoyants pour comprendre que la diversité régionale est un atout pour l’ensemble de la nation?

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 29 avril 2010 09 h 57

    Les plus belles filles à Québec

    Vous savez pourquoi les filles sont plus belles à Québec qu'à Montréal? Parce que, quand les filles du Roi débarquaient, les gars de Québec avaient le premier choix. Les restes allaient à Montréal...

  • - Inscrite 29 avril 2010 13 h 31

    Pièce de théâtre célébrant Marguerite Bourgeoys

    En 2003, j'ai eu l'occasion d'assister à diverses célébrations dont une pièce de théâtre à l'occasion du 350e anniversaire de l'arrivée de Marguerite Bourgeoys en Ville-Marie.

    On y représentait l'arrivée de cette dernière en Nouvelle-France (1653)accompagnée d'une centaine d'hommes de métiers. Il y a été clairement dit que les autorités de Québec ont tout fait pour retenir l'équipage du Saint-Nicolas de Nantes (de futurs montréalistes) durant tout l'hiverà Québec, compromettant ainsi les chances de Ville-Marie de se développer. Finalement, ces braves gens se sont rendus envers et contre tous dès novembre, là où on les attendait, Ville-Marie.

    Cette pièce de théâtre relatant des faits historiques a été montée par la Congrégation Notre-Dame.