Lettres - Turcot, les choix

Dans Le Devoir du 24 avril, votre journaliste Jeanne Corriveau écrit, au sujet de l'échangeur Turcot, que le projet divise non seulement les élus, mais aussi la population et les spécialistes en génie de la construction. Deux éminents ingénieurs se prononcent: l'un pour le projet du ministère des Transports du Québec qui vise à baisser les structures sur des talus et, en passant, démolir une centaine de logements des quartiers avoisinants; l'autre, persuadé qu'avec les connaissances actuelles, il est possible de construire des structures en hauteur qui peuvent durer jusqu'à 125 ans, est donc pour l'échangeur circulaire, proposition avancée par l'administration Tremblay avec le soutien des deux partis de l'opposition à l'Hôtel de Ville. Curieuse prise de position de la part de cette même administration qui favorise le projet avancé par la Société du Havre de Montréal de jeter à terre l'autoroute Bonaventure et de la remplacer par un boulevard urbain!

C'était dans l'euphorie engendrée par les préparatifs pour l'Expo universelle que ces projets routiers ont été construits avec peu d'égard pour les effets climatiques de nos hivers sur le béton armé. Il est tout à fait raisonnable d'émettre des doutes sur le bien-fondé des prédictions de ceux qui opinent qu'il est possible de construire des structures en hauteur qui peuvent durer jusqu'à 125 ans.

Il fut une époque où la rénovation urbaine faisait rage, où l'on démolissait un peu partout de vieilles maisons et des quartiers entiers.

Rien n'était à l'abri du bulldozer, jusqu'au jour où l'on s'est rendu compte que la restauration des vieux bâtiments et des vieux quartiers était une option viable. La réparation sélective des autoroutes en hauteur et l'insertion de structures d'acier, comme le propose le professeur Pieter Sijpkes de l'Université McGill, dans l'ouvrage Montreal at the Crossroads, mérite réflexion. Cette démarche aurait surtout pour avantage de gagner du temps afin de permettre la mise en place d'un réseau de transport public digne d'une ville du XXIe siècle.

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Joseph Baker - Architecte, FRAIC, APOAQ, le 26 avril 2010
2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 28 avril 2010 10 h 57

    Pouquoi pas des structures d'acier ?

    Nos stuctures surélevées en béton comme l'échangeur Turcot et le viaduc de la Concorde ont été justement critiquées parce qu'elles ne résistent pas plus de quelques dizaines d'années à l'effet de nos hivers et au sel utilisé comme fondant. Mais n'avez-vous pas remarqué que le pont Jacques-Cartier, après 80 ans, a encore un air de jeunesse, que le Pont de Québec est pratiquement centenaire, et le pont Victoria plus que centenaire ? Et que les célèbres ponts de Brooklin ou du Firth of Forth résistent depuis 120 ans ou plus à la corrosion de l'air salin ? Bien sûr c'est plus cher que le béton, mais c'est la différence entre investir dans une voiture fiable qui vous donnera 250 000 km le loyaux services et penser épargner en achetant une minoune qui va vous lâcher un vendredi à 17h au beau milieu de l'échangeur Turcot.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 28 avril 2010 12 h 52

    Voilà!

    Qu'on répare le plus urgent, à la limite qu'on refasse deux ou trois bretelles, et qu'on en finisse avec cette valse des milliards