Lettres - L'immobilisme montréalais?

Depuis quelques années, certains leaders d'opinion se plaisent à qualifier les Montréalais et leurs décideurs d'immobilistes, faisant toujours obstruction aux projets qui «feraient avancer» Montréal. Or voilà que, pour la première fois depuis plusieurs années, un véritable projet novateur pour Montréal est proposé: le plan de la Ville pour refaire l'échangeur Turcot.

La proposition de la mairie de Montréal a été jugée comme étant d'une grande qualité et a ainsi suscité une adhésion immédiate de la quasi-totalité des décideurs politiques municipaux. Elle a en outre fait l'unanimité chez les leaders de groupes de pression, les urbanistes ainsi que les éditorialistes. Rarement un projet de construction de viaduc aura provoqué un tel enthousiasme, allant jusqu'à devenir le sujet de l'heure de la politique québécoise.

Malencontreusement, cette «heureuse tentative» aura vite été mise de côté par une ministre, et surtout un ministère, décidément ancré dans une façon de faire depuis trop longtemps désuète. Ou serait-ce plutôt à cause d'une ville en mal de poids politique? Pour Québec, il vaut certainement mieux ne pas déranger les habitudes des votants du «450», quitte à empoisonner un peu plus l'air et le paysage des Montréalais avec un projet aussi néfaste que dépassé. Et ensuite, on dira que les Montréalais sont pour l'immobilisme...

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Guylaine Bélizaire - Le 25 avril 2010
3 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 27 avril 2010 04 h 31

    Moins de voitures qui passent, mais beaucoup plus qui polluent en attendant dans les bouchons.

    La somme de cette situation sera évidemment davantage de pollution. Par quelle logique les concepteurs du projet Bergeron-Harel-Tremblay peuvent-ils affirmer que ce projet est le moindrment écologique, sans présenter aucune analyse et aucun budget.

    Présenter un projet qui réduit le nombre de voiture qui pourront entrer à Montréal, alors que les bouchons sont interminables maintenant, sans ajouter une note qui prend en compte le coût de cet hypothétique transport en commun qui empruntera quel pont? Certainement pas le pont Champlain, où se situerait la solution normale. Dites-nous, chers concepteurs, comment augmenter le traffic sur un pont champlain qui est déjà congestionné. Élargir ce pont, en construire un autre, creuser un tunnel sous le fleuve?

  • Peter Kavanagh - Inscrit 27 avril 2010 12 h 05

    Les idées payé par d'autres

    Il est facile d'avoir des idées payées par les autres. Montréal avec 22% de la population du Québec ( non, la population de la rive-sud ou rive nord ne font pas parti de Mtl et ne seront certainement pas avantagé par ce projet) voudrait que 78% de la province paye pour ses caprices. Contentons-nous de projets à la hauteur de nos moyens. Et pour ceux qui seraient tentés de dire que le projet du MTQ va probablement couté plus que prévu. je suis certain qu'il en serait de même avec le projet de Montréal.

  • Micheline Gagnon - Inscrite 2 mai 2010 05 h 45

    @ Pierre K

    Essayer de remplir un verre déjà plein, mission impossible…

    Je regrette qu'il y ait tant de tribunes sur le sujet, ce qui dilue les commentaires. Alors, je répète un peu ce que j'ai écrit ailleurs :

    Notre gouvernement pratique la gestion à courte vue. Le MTQ fait fi du bien-être des habitants de sa métropole, et manque de gros bon sens. Favoriser la fluidité du trafic automobile sur les autoroutes est sa priorité et le béton son pain quotidien : ce qui se passe au petit bout l'entonnoir qu'est l’autoroute ne les intéresse pas. Essayer de remplir un verre déjà plein en augmentant le débit de la bouteille ne permet pas de boire plus mais plutôt de gaspiller : un enfant comprendrait cela.

    Croyez-vous que l’avènement de l’automobile électrique améliorerait la situation? Moins de CO2 peut-être, mais des bouchons quand même. Quelqu’un a-t-il évalué les coûts réels de l’étalement urbain : Les coûts écologiques et financiers de tous ces stationnements à ciel ouvert requis par une population d’automobilistes qui se déplace exclusivement en voiture? Les coûts en béton par habitant? Les coûts pour déneiger ce béton? Le nombre d’autobus scolaires que cela requiert? Comment se fait-il qu’il en coût moins cher pour vivre en banlieue malgré tous les coûts en infrastructures que cela requiert? Qui paie pour cela? Croyez-vous vraiment que de rendre l’accès à Montréal plus facile pour ces gens améliorerait la situation?

    Pendant ce temps Montréal s’appauvrit et la qualité de vie diminue. Le métro de Laval retire l’accès à 50% des rames de métro du matin aux citoyens de Montréal alors le maire de Laval se sert de ce métro pour attirer plus de monde dans sa ville, est-ce juste?