Lettres - Constat d'échec

L'intégration des personnes immigrantes au Québec passe, selon moi, par le respect d'un contrat moral qui lie la société d'accueil et les nouveaux arrivants; tout un chacun s'engageant à faire son bout de chemin vers une intégration réussie des personnes immigrantes à la société québécoise.

Le CIRANO a publié dernièrement une étude intitulée «Immigration au Québec: politiques et intégration au marché du travail». Certains chiffres qui ressortent de cette étude sont alarmants. À titre d'exemple, en 2006, le taux de chômage chez les nouveaux arrivants (moins de cinq ans) établis au Québec était de 7,6 points de pourcentage supérieur à celui des personnes nées au Canada.

Ce sont des résultats inacceptables pour le Québec; ils démontrent notre incapacité, en tant que société d'accueil, à bien intégrer en emploi les personnes immigrantes que l'on sélectionne et que l'on accueille. Nous ne remplissons pas notre part du contrat moral à ce niveau.

Nous devons donner une image plus juste de la réalité québécoise lorsque l'on recrute à l'étranger et trouver des solutions rapidement aux problématiques associées à la reconnaissance des acquis et des compétences; aussi, nous devons favoriser l'ouverture des employeurs aux compétences des personnes immigrantes que le Québec sélectionne lui-même, grâce aux pouvoirs qui lui sont conférés en matière d'immigration.

Sinon, les nouveaux arrivants continueront de quitter en grand nombre le Québec pour s'établir dans d'autres provinces canadiennes ou aux États-Unis; ou encore, ils retourneront dans leurs pays d'origine, ce qui ne faisait pas partie de leur plan de vie. Aussi, cette situation projette une image négative du Québec dans les pays où il recrute. Saurons-nous faire les gestes qui nous permettront de nous démarquer à ce niveau? Mieux vaut commencer maintenant, car nous avons du pain sur la planche!

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Éric Quimper - Montréal, le 22 avril 2010
4 commentaires
  • hekpazo jacqueline - Inscrite 26 avril 2010 12 h 45

    Basta,le contrat moral!

    Parlons plutôt de contrat social!
    N'est-ce pas Rousseau qui voyait dans le contrat social, le fondement de la souveraineté du peuple et le moyen d'établir une égalité entre les citoyens?
    D'autres comprennent plutôt qu'il est question d'un contrat de services, entre un donneur d'ouvrage (le pays d'accueil) et un donneur de force de travail (la main d'oeuvre immigrante)...Encore faudrait-il qu'il s'agisse d'un échange égal.
    Parlons donc de contrat social comme cadre de référence pour l'ensemble de la société et non pas seulement à l'usage des immigrants!

    Jacqueline Hekpazo
    www.raaq.net

  • Marco - Inscrit 26 avril 2010 17 h 24

    Chercher l'erreur!!

    Se peut-il que également ces nouveaux arrivants arrivent déjà ici avec cette mentalité d'assistés sociaux que nous avons si bien su développer et encourager ici au Québec?? Et que notre si généreux gouvernement, tellement interventionniste dans des situations qui lui seraient favorables politiquement parlant soit prompt à leur accorder cette aide financière à ne rien faire?...

    Me semble lorsque l'on est est sélectionné pour venir s'établir dans cette nouvelle terre d'accueil qu'est le Québec et que nous avons les compétences intellectuelles et professionnelles, (c-à-d avec diplôme à l'appui), il est normal et aisé de se trouver de l'emploi!!

    Le choix de travailler ou non dépend toujours de celui ou celle qui a le goût de se retrousser ou non les manches! Question d'attitude, en fait!!...

    Il est sûrement plus facille pour un gouvernement de prendre en charge financièrement des individus que de créer des emplois et/ou de favoriser une insertion dans un miliieu de travail quelconque! À première vue, du moins!!

    En effet, il y a une limite pour la prise en charge!! Est-ce seulement une reconnaissance de diplômes, d'acquis et de compétences?? Sinon, changeons les règles d'équivalence en ce qui concerne des compétences jugées sensiblement égales pour ce type d'emplois très spécialisés et mettons tout ce beau monde au travail!! Ou revoyons tout simplement nos critères de sélection des futurs candidats de façon à ne pas leur faire miroiter de faux espoirs!!

    D'ailleurs, est-ce bien ce type de candidats nettement scolarisés et possédant un diplôme attestant la réussite de hautes études spécialisées qui se retrouvent ainsi sans emploi? J'ai des doutes!!

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 avril 2010 06 h 48

    À Jacqueline Hekpazo: on peut avoir quelques précisions?

    Tout d'abord, M. Rousseau est un homme, tourmenté d'ailleurs, d'un autre siècle, et certaines de ces prétentions ont été grandement critiquées et même invalidées.

    Et puis le reste de vos propos est passablement nébuleux: vous faites quelques affirmations en l'air, puisque vous ne les développez pas. Je suppose que vous envoyez un commentaire pour le plaisir de vous lire et non pour être comprise et participer au débat, si débat il y a. Vous écrivrez donc: "D'autres comprennent plutôt qu'il est question d'un contrat de services, entre un donneur d'ouvrage (le pays d'accueil) et un donneur de force de travail (la main d'oeuvre immigrante)... Encore faudrait-il qu'il s'agisse d'un échange égal.". En quoi et pour qui le contrat est-il inégal? J'aimerais bien le savoir, car je serais tentée d'être d'accord avec vous, mais comme je ne sais pas de quoi vous parlez au juste... je m'abstiens.

    Donc le contrat de service est inégal, le contrat moral que vous évoquez sans dire là encore de quoi il en retourne (respecter notre partie du contrat de service, peut-être, au nom de la morale?) non plus, et quant au contrat social qui semble séduisant, comme M. Rousseau n'est pas là pour nous dire de quoi il en retourne, et s'il s'applique dans la question de l'immigration de l'intégration au Québec... on reste gros Jean comme devant.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 avril 2010 08 h 00

    Problèmes complexes? Solutions illusoires!

    L'échec dont fait état M. Quimper n'a rien de nouveau: jadis, les négligés du système étaient les Noirs: grosse amélioration, quelques décennies plus tard, ils arrivent au deuxième rang après les Mahgrébins, pour ce qui du chômage, même si pour les Noirs, comme l'a prouvé une étude, ils sont aujourd'hui bilingues et plus instruits que les Haïtiens de jadis, disons.

    Mais il n'y a rien de surprenant à cela, on a juste à regarder l'actuel gouvernement pour comprendre que c'est sa façon de gouverner (et les autres n'ont guère fait mieux): s'il y a un problème qui heurte une bonne partie de l'électorat, on fait semblant de le régler, travaillant à la pièce et sans tenir compte de ce que l'avenir réserve à une solution illusoire (loi 94, par exemple); et si le problème ne touche pas l'électorat, comme c'est le cas pour l'immigration, il fera une petite campagne de promotion futile pour avoir l'air de s'en préoccuper ... ou rien du tout.

    Deux exemples de pubs futiles, en regard du problème. Dans le métro de Montréal on peut voir grandes affiches, bleues, où il est écrit: "Être servi en français, j'aime ça"." Le problème? L'anglicisation présumée de Montréal... Traduction libre du message:
    "J'aimerais ça être servi dans ma langue, alors s'il-vous-plaît, j'pourrais-t'y avoir mon "nanane"?". Mais le commerçant à qui ça s'adresse ne prend probablement pas le métro, et de toute façon ne parle pas français ou s'en fiche éperdument. À la télé, on peut voir ces jours-ci une femme à l'air gravement constipée, au départ, s'adresser à travers la camera à l'homme qui l'a agressée sexuellement dans l'enfance. Encore une fois, erreur sur la personne! Qui peut croire que suite à cette annonce les déviants sexuels vont être touchés au coeur et s'amender? En fait, le message devrait s'adresser au gouvernement lui même qui, entre autres, a promis, il y a quatre ans, des millions pour les centres d'aide aux hommes agressés sexuellement dans l'enfance, mais n'a toujours pas allongé un seul sous. Dans un cas comme dans l'autre, c'est prendre la population pour des cruches: nous qui payons pour faire rire de nous.

    Pour revenir à l'immigration, les corporations, de mèche avec les gouvernements, protègent leurs membres, médecins principalement. En 2009, on a annoncé qu'il aura une exception pour les médecins français. Pourquoi? Parce qu'ils sont Blancs et occidentaux? Les problèmes d'immigration ont une composante de racisme et de peur, l'un allant rarement sans l'autre, ou du moins de frilosité, et ce serait peut-être l'occasion de faire une campagne publicitaire, bien faite, bien ciblée, donc relativement efficace (faut dire qu'au Québec, la publicité a perdu de son lustre... ). Mais il n'est même pas capable ou plutôt intéressé à le faire (sauf il y a une mêche, pour faire vaguement la promotion de la diversité, pour les employeurs), on peut imaginer, pour ce qui est d'autres solutions... sur lesquelles je reviendrai