Lettres - Les Français ne sont plus francophones

Après dix années de séjours annuels en France, plus particulièrement à Paris, je suis absolument scandalisée de l'anglicisation qui envahit ce beau pays.

Le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Abdou Diouf, a appelé «à réagir contre l'hégémonie de l'anglais», mais le président de la France parle du «complexe» de la francophonie, qui serait «la seule à ignorer sa force».

En tant que Québécoise et membre d'un État de la francophonie qui lutte depuis des années pour sauver sa langue et sa culture, je tiens à informer monsieur le président que c'est avec force et conviction que nous continuons de lutter. Nous n'avons pas de complexe, mais nous avons besoin d'une France qui s'intéresse vivement au fait français et qui, par surcroît, pourrait peut-être adopter éventuellement une loi pour «refranciser» ce pays.

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Lucie Dufresne - Paris, le 29 mars 2010
26 commentaires
  • Hélène Pisier - Inscrite 24 avril 2010 04 h 41

    Une Europe française (Suisse, Belgique, France) colonisée à l'os


    " Ce qui par-dessus tout se révèle dramatique dans la question francophone mondiale, c’est que la plupart des Européo-français ne contemplent l’échiquier linguistique que par le collimateur de leur propre situation locale, sinon communale. La France bien française (??), de l’Élysée au Quai d’Orsay, par Matignon, fait dans la myopie. Elle s’anglicise comme une enfant s’empiffre de chocolat, c’est-à-dire de son propre chef sans se douter un instant de la phénoménale gastro-entérite qui l’attend. La Switzerland et la Belgium... (nonobstant le litige Wallons-Flamands depuis 1831 !) vivent un équilibre plurilingue et ne voient pas très bien non plus ...où est l’erreur. Or le vrai laboratoire est en Terre Québec et en Afrique. Et pour moult raisons, qu’on ne peut développer ici bien qu’elles soient assez évidentes, ce problème n’est pas vécu comme cardinal sur le Continent chaud (à vrai dire, il y serait bien plutôt reçu comme “gardénal”). Aussi actuellement la conscience de la francophonie réside-t-elle au Québec. Ici se loge l’enjeu véritable de la lutte pour la Francité. Mais nous représentons 5% de la francophonie planétaire. C’est dire, les ami/es, qu’on ne tiendra pas longtemps tout seuls."

    Dixit : "Les Bilinguistes - Grands sorciers des langues phagocytaires" (www.vigile.net/Les-Bilinguistes-Grands-sorciers)

    Du même auteur : "Le Québec et la Francité. Lettre ouverte au Président de la République française" (http://lequebecetlafrancite.blogs.nouvelobs.com/ar

    HP

  • Pierre Marinet - Inscrit 24 avril 2010 07 h 40

    @Lucie Dufresne

    Le problème est que les français ne sont pas francophones. Ces derniers sont ceux qui utilisent une langue d'origine française. Ce que vous remarquez à Paris particulièrement avec son Bobo-snobisme c'est la langue dans sa vitalité. Si vous connaissez bien cette langue un pantalon en français se dit aussi en argot français un "falzar"(du Turc); un petit peu, un chouïa (arabe) et on en passe puisqu'il y a beaucoup de régionalisme comme Baragouiner (du breton bara/pain, gwin/vin). L'anglais comme d'autres langues arrivent à se mêler là-dedans et dans quelques siècles il y aura des personnes qui diront ce que vous dites pour préserver leur langue. Je trouve beau de voir ce mouvement plein de vie et vitalité. Il est certain que la culture française prendra de l'aile à ce niveau; que de plus en plus de personnes même éduquées ne comprendront plus les grands textes classiques de la littérature française appartenant désormais à un autre monde, à un autre univers. Connaissez-vous le grec et le latin pour lire dans le texte Homère ou Cicéron? Moi oui. D’ailleurs le phénomène de francisation fut le fait d’adopter des mots gréco-latins pour qu’ils aient une apparence française. Décortiquez la langue française, celle que vous désirez sauver, vous serez éblouie par la beauté linguistique venue du monde.Il ne faut pas muséifier une langue, elle deviendrait morte et insipide.

  • 000 - Inscrit 24 avril 2010 07 h 58

    La démission des Français.

    Pour vivre depuis 30 ans à Strasbourg, j'affirme en effet que les Français ne défendent pas bien leur langue. Ils ne la défendent pas du tout même. Les gens du Québec n'ont surtout aucune leçon à recevoir d'eux dans ce domaine. Les Français sont obnubilés par l'anglais et les Américains. Nous entendons rarement parler de la politique canadienne ou québécoise dans les journaux télévisés. Si certaines gens du Québec ont une connaissance sérieuse de la littérature française, ce n'est surtout pas le cas des Français qui connaissent peu de chose de notre littérature québécoise. En toute franchise et sans aucune exagération, c'est le Québec qui devrait être l'état responsable de la défense et du développemnt de la francophonie sur la scène internationale. Nous le ferions avec plus de fierté et de conviction que les Français.

  • Paul Lafrance - Inscrit 24 avril 2010 10 h 01

    La langue française

    Il ne faudrait pas que la langue, à l'instar des religions, devienne un "casus belli". Les langues, quelles qu'elles soient, doivent évoluer, mais non d'une manière anarchique. Par exemple, en Belgique, je verrais d'un bon oeil que les Flamands, comme les Wallons, adoptent la langue anglaise. Personne n'y perdrait ou y gagnerait. L'alternative serait que la Belgique soit divisée, une partie s'attacherait à la France, l'autre à la Scandinavie. Le nationalisme divise au lieu d'unir, c'est là le problème.

  • François Dugal - Inscrit 24 avril 2010 10 h 05

    Bon week-end

    Ah, ce Devoir du week-end. Je suis full-relax. Je sors la thune pour aller au pressing. Après le breakfest, un petit footing pour me délier les guibolles. Au programme ce soir, du coocooning dans mon living; c'est presque la vie de star.
    François Dugal