Lettres - L'exception plus que la règle?

Pendant que des couples infertiles reçoivent une aide substantielle du gouvernement du Québec, de nombreux couples fertiles arrivent difficilement à obtenir des soins de maternité de base. À Montréal et même ailleurs, de plus en plus de femmes doivent attendre au moins quatre mois de grossesse avant de pouvoir être suivies par un médecin. Et que dire de celles qui veulent avoir les services de sages-femmes! Ces dernières ne sont toujours pas accessibles dans la majorité des régions du Québec et elles n'arrivent même pas à répondre à la demande dans les régions où elles exercent.

L'argent coule à flots pour des soins et des services de haut niveau et coule au compte-gouttes pour des soins et des services de base. C'est à n'y rien comprendre.

Le renforcement de la première ligne, la promotion de la santé et de l'accouchement normal ainsi que la diminution des interventions sont pourtant des objectifs clairement déterminés par notre ministère de la santé. C'est exactement ce que font les sages-femmes. En sachant aider les femmes qui souhaitent accoucher en maison de naissance ou à domicile, elles se trouvent en plus à diminuer la pression sur les hôpitaux qui ont un besoin criant de lits pour les personnes malades. Comment se fait-il qu'il faille des années de demandes et de mobilisation avant d'avoir des services de maternité de base que sont les services de sages-femmes? Les groupes de citoyens se font répondre qu'il n'y a pas d'argent. À d'autres!

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Céline Lemay - Boucherville, le 18 mars 2010