Lettres - Assainissons le financement électoral d'abord!

L'émission Enquête du 4 mars a fait un pas de plus dans la mise à jour de la gangrène qui ronge le financement électoral de nos hommes et femmes politiques. Il est inadmissible qu'un système démocratique contraigne les élus actuels ou pressentis à garnir leur coffre électoral en frayant avec les «convoiteurs» de contrats lucratifs lors de soirées bien arrosées. Le lieu de ces rencontres et les participants peuvent évidemment ne rien avoir avec les comtés électoraux et les vues politiques de nos dirigeants politiques actuels ou futurs.

Ces rencontres ont lieu là et entre les mains de qui coule l'argent. C'est là la racine de la complaisance et de la complicité des membres de la classe politique, tous partis confondus, à l'égard des nombreuses et graves anomalies présidant à l'attribution et à la réalisation des contrats, au risque de mettre souvent en péril la vie et la sécurité de nos concitoyens et de grever les finances publiques.

Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas d'une enquête publique. C'est d'une commission d'étude sur les meilleurs moyens d'assainir le financement électoral. Faut-il limiter tout financement à l'intérieur de la seule circonscription représentée ou recherchée? Convient-il d'instituer un fonds électoral commun et public dont certaines contributions proviendraient obligatoirement de tout demandeur de contrat et dont les sommes seraient réparties entre les candidats en vertu de prorata déterminés? Vivement une commission d'études où toutes les avenues seraient envisagées!

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Gérard Lévesque - Lévis, le 5 mars 2010

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4 commentaires
  • Fernand Turbide - Inscrit 6 mars 2010 06 h 24

    Le financement politique...

    La formule du financement publique des partis politiques doit devenir la seule et unique source de financement de nos politiciens. Le scandale c’est que des entrepreneurs de tout acabit financent nos partis politiques dans l’espoir d’un retour d’ascenseur.
    Les politiciens doivent être exclusivement au service des citoyens et ils doivent être financés par la collectivité.

    Fernand Turbide

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 6 mars 2010 06 h 58

    Oui à une commission d'étude

    Les compagnies, quand elles déboursent des sommes d'argent, c'est toujours dans le but d'en retirer des profits. Lorsqu'elles contribuent à des caisses électorales, c'est qu'elles sont convaincues qu'elles obtiendront quelque avantage plus tard.
    Les différents partis ont besoin d'argent pour faire connaître et leurs idées et leurs candidats. Alors pourquoi ne pas avoir un fonds monétaire commun qui serait réparti selon un prorata déterminé?
    Ce serait un premier pas en vue de nous doter d'un régime présidentiel et d'un mode de scrutin proportionnel.

  • Bernard Terreault - Abonné 6 mars 2010 11 h 10

    Il va peut-être falloir en venir là

    Dans une société idéale composée de citoyens à la fois informés ET intéressés à la chose publique, le financement des partis se ferait à coup de modestes contributions de milliers et de milliers de partisans. C'est ce que supposait la fameuse loi sur le financement adoptée par le gouvernement de René Lévesque. Il suffirait que seulement 10% des adultes se donnent la peine de faire un don de 25$ par an à leur parti préféré pour leur assurer un financememt adéquat. Par exemple au Québec cela ferait un total d'environ 15 millions, ce qui est plus que ce que reçoivent actuellement l'ensemble des partis (bon an mal an, de 5 à 10 millions pour les libéraux, autour de 3 millions pour le PQ et des miettes pour les autres). Mais ce n'est pas ce qui se passe, le gros du finacement vient de contributions de centaines et de milliers de dollars, qu'on soupçonne être intéressées quand elles viennent en bonne partie des patrons (et de leur famille) de firmes et de professionnels qui vivent en bonne part de contrats gouvernementaux. Alors, il faudra se résoudre à un financement gouvernemental direct accru. Avant de crier au gaspillage de fonds public, mettons cela en perspective : on parle d'un montant de l'ordre de 10 millions par an, soit 1,25$ par an par Québécois, ou 5 fois moins que le total des salaires des joueurs du Canadien, ou le coût de quelques kilomètres d'autoroute, ou moins que le coût des voyages des ministres (qui se permettent des fois de réquisitionner l'avion gouvernemental) y compris M. Charest.

  • Bernard Terreault - Abonné 7 mars 2010 09 h 17

    Il y a aussi les "à côtés"

    Pire que le financement légal il y a le financement parallèle clandestin. En effet, je ne peux pas croire que tous les politiciens se laissent acheter par un minable 3000$ dans leur caisse électorale légale. Mais tous ceux qui ont "travaillé aux élections" savent que certains, et un parti plus que tous, acceptent les contributions illégales en nature, par exemple tel entrepreneur met gratuitement au service de ce parti ses secrétaires pour faire du téléphone pendant la campagne. Et ce n'est là que le plus petit de ces péchés. Comment des politiciens se font carrément acheter, c'est par des ententes de sinécures lucratives ultérieures. Avez-vous remarqué que pratiquement tous les anciens députés ou candidats battus de certains partis se faisaient systématiquement recruter par des firmes d'avocats ou de lobbyisme ou des entrepreneurs qui vivaient des contrats publics, ou nommer à des sinécures dans l'appareil gouvernemental ?