Lettres - Université ouverte aux talents confirmés

L'entrevue de l'ex-ministre Jérôme-Forget sur l'augmentation des frais de scolarité s'appuie sur un argument d'équité qui est fallacieux et découle d'une conception de la formation universitaire assimilée à une dépense et non à un investissement qui doit profiter à toute la communauté. Tout le monde est appelé à financer sa vie durant l'école, pauvres, riches, travailleurs et retraités. Pourtant, on ne crie pas à l'iniquité parce qu'on considère qu'une population éduquée est une valeur pour la société et qu'elle est porteuse de développement.

C'est le talent qui doit justifier l'accès à l'université et non la richesse individuelle, car nous attendons des meilleurs qu'ils deviennent des moteurs de notre société, laquelle hélas! se fait toujours tirer l'oreille pour accéder au savoir. Plutôt que d'investir en 2010 la jolie somme annoncée de 4 milliards dans les infrastructures, retirons de cette somme 500 millions pour répondre aux besoins des universités. Ce sera sans doute 500 millions de moins dans le collimateur des magouilleurs du «ministère du Laisser-faire»!

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André Gamache

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3 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 3 mars 2010 08 h 50

    Eh oui !

    Comment ne pas partager votre opinion.

    Ceci dit, n'y aurait-il pas moyen de rapidement mieux articuler le pont entre primaire, secondaire - collégial et université... pour que les talents puissent se découvrir à temps ?

  • Bernard Terreault - Abonné 3 mars 2010 10 h 52

    INVESTIR DANS LES CERVEAUX PLUTÔT QUE DANS LE BÉTON

    Très juste M. Gamache. Et ajouter l'enseignement à tous les niveaux, et la recherche aussi bien publique (gouvernement et universités) que privée (par le biais de la fiscalité).

  • André Lacombe-Gosselin - Abonné 3 mars 2010 23 h 09

    Une formation rentable pour TOUS

    Voici comment je « modulerais » les frais de scolarité pour tous au Québec.
    De la même façon qu’une police d’assurance !

    Dès que l’enfant commence l’école, la société – qui valorise l’éducation comme il se doit – lui assure (paye entièrement ou partiellement selon les revenus des parents) ce qu’il en coûte réellement pour s’instruire. Cette contribution cesse s’il abandonne en chemin mais peut être réactivée s’il revient à l’école.

    À la fin de chaque niveau d’études (secondaire, collégial, universitaire 1er cycle : Baccalauréat, 2ème cycle : Maîtrise, 3ème cycle : Doctorat, tout étudiant fait un « stage de remboursement sur le marché du travail » en proportion de la durée de ses études antérieures (1 an après le secondaire, 2 ans après le collégial, 3 ans après le Baccalauréat, etc.) Ceci implique que chaque formation ait un volet professionnel de préparation au travail selon les besoins de la main d’œuvre bien identifiés et ce, peu importe la région du Québec où se trouve le besoin. Ce « service social » est rémunéré par les entreprises qui embauchent ces personnes.

    Si le secteur d’activité est en surplus de main-d’œuvre, le programme de formation est automatiquement fermé temporairement jusqu’à ce que le besoin soit manifesté de nouveau. Entre temps, les responsables de cette formation suspendue font les ajustements nécessaires pour la rendre conforme aux nouveaux besoins identifiés ou l’éliminent définitivement de l’offre éducative. Cette disposition évite d’attribuer des diplômes s’il n’y a pas de travail correspondant et diminue les frustrations des « chômeurs instruits ».

    Les étudiants sans emploi seraient les seuls à pouvoir être exemptés du « service social obligatoire » et autorisés à poursuivre leur formation académique