Lettres - J'ai honte !

Comme syndicaliste, j'ai honte du Syndicat des métallos (FTQ) qui appuie l'exportation de l'amiante dans le Tiers monde et, sous de fallacieux prétextes, masque que la défense d'emplois dans une région périphérique d'ici est la seule raison de la mort et de la maladie propagée chez les travailleurs de pays très pauvres.

Comme citoyen, j'ai honte de nos élus provinciaux qui, pour des motifs électoraux, tergiversent au lieu de mettre fin à cette exportation criminelle.

Je m'associe entièrement à l'indignation manifestée par Jean-Claude Leclerc dans son excellent article du 1er mars.

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Jean-Marc Piotte

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4 commentaires
  • André Loiseau - Inscrit 3 mars 2010 01 h 50

    À M. Piotte

    Bravo M. Piotte! Et on ne pourra jamais taxer votre réflexion comme étant antisyndicaliste. Vos preuves sont faites. Et votre oeuvre, toujours pour la promotion du petit travailleur et pour la justice, tout comme l'oeuvre de feu Piere Vadeboncoeur, font honneur à la philosophie. À travers le monde, les travaux de certaines usines frisent l'industrie du crime.
    Il existe un syndicalisme d'affaires et un syndicalisme militant désintéressé. Le premier est l'ennemi du second.

    Félicitation pour votre courage!

  • Yves Petit - Inscrit 3 mars 2010 07 h 18

    conformisme, quand tu nous tient

    L'amiante, bien utilisée, n'est pas plus dangereuse que le cadmium, le mercure, le Coca-cola ou le Big Mac. Voilà la vérité!

  • Mario Jodoin - Inscrit 3 mars 2010 12 h 27

    Pas seulement les métallos...

    Ayant moi-même travaillé quelques années pour une centrale syndicale et étant toujours président d'une section locale, on ne pourra pas, je l'espère, me taxer d'antisyncal.

    Toute institution a ses points positifs et négatifs. Pour moi, il est clair que le bilan du mouvement syndical est nettement positif. Il n'en demeure pas moins que l'appui de tout le mouvement syndical à l'utilisation de l'amiante (mot qu'on tente de rendre moins choquant en parlant de chrysotile...) dans les pays pauvres est honteux. Les syndicats ont réussi à protéger les travailleurs québécois, bravo, mais semblent ne pas se soucier outre mesure de la santé et de la vie des travailleurs étrangers.

    Et il ne s'agit pas que des métallos. Sur le site Internet de l'Institut du chrysotile (cachez le mot amiante que je ne saurais lire...), il est écrit :

    «La Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) sont les trois grandes formations syndicales québécoises. Au sein de ces formations sont regroupés la majorité des travailleurs et salariés du Québec, dont les mineurs de chrysotile.» (http://www.chrysotile.com/fr/sfuse/syndic.aspx)

    Et plus loin :

    «Aujourd’hui, le chrysotile peut donc être extrait et transformé dans des conditions qui ne comportent aucun danger pour les travailleurs. Il en va de même pour les produits de chrysotile à haute densité et qui sont non friables; ils ne comportent aucun danger pour la population et l’environnement.

    (...)

    C’est pourquoi le mouvement syndical québécois s’oppose à un bannissement aveugle et total du chrysotile.»

    Et la solidarité pour les travailleurs étrangers ?

    «Au Québec, pays producteur de chrysotile depuis des décennies, les travailleurs ont appris à extraire et à manipuler ledit minerai de façon sécuritaire. Ils sont prêts à partager leur expérience avec leurs camarades des autres pays.»

    Honte à vous !

  • Robert Côté - Inscrit 3 mars 2010 16 h 52

    Moi aussi j'ai honte

    En tant que syndicaliste et représentant les travailleurs en santé-sécurité, moi aussi j'ai honte. Et dire que nous blâmons l'exploitation pétrolière dans l'ouest. Quand on crache en l'air ça nous tombe sur le nez.