Lettres - Quand les intérêts privés se mettent à converger

Avez-vous remarqué que la «gang» à Lucien Bouchard et la «bande» à Raymond Bachand et Jean Charest se sont mises à nous parler, en même temps, de la nécessité d'assainir les finances publiques en augmentant les coûts de toute une brochette de services?

Je ne vois pas là un complot, mais une «étonnante» convergence d'intérêts. Je parierais ma chemise, et plus encore, en osant affirmer que si ces propositions «lucides» étaient adoptées, les riches deviendraient plus riches et les pauvres plus pauvres. Pourquoi ne parle-t-on jamais, comme le dit Josée Legault, des échappatoires fiscales et des coûts de la corruption quasiment érigée en système? Il y a de ces tristes lucidités qui ne cessent de me terroriser!

***

Jean-Serge Baribeau - Montréal, le 25 février 2010

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4 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 1 mars 2010 08 h 03

    De Robert à Lucien

    Robert Bourrassa est arrivé au pouvoir à l'aide de ses mauvaises fréquentation. On sait très bien que si Claude Wagner était devenu chef, un certain Paul Desrochers serait parti le lendemain.
    Lucien Bouchard a laissé le pouvoir et s'est mis à avoir des mauvaises fréquentations. Il a peut-être suivi les cours des “preachers” américains.

  • Serge Bernier - Inscrit 1 mars 2010 10 h 00

    Une question d'équité

    Au cours des ans, une multitude de groupes d'intérêt ont réussi à faire main basse sur les finances de l'État pour obtenir à bas prix des services dont ils sont les premiers bénéficiaires. Plusieurs tentatives ont eu lieu précédemment pour rétablir l'élquilibre et faire porter par les bénéficiaires le coût des services qu'ils reçoivent mais elles se sont avérées infructueuses en raison des levées de boucliers qu'elles ont provoquées. L'on essaie encore une fois de faire comprendre le gros bon sens à l'ensemble de la population et cela commence à porter fruit.
    Il faut distinguer entre les missions essentielles de l'État et les services qui relèvent davantage du privé. L'État doit assurer une instruction de qualité aux niveau primaire et secondaire, offrir des services de santé en qualité et quantité adéquates, offrir des services de sécurité et des infrastructures adéquates et s'assurer que l'environnement est respecté. Grosso modo, voilà son rôle.
    La consommation d'électricité et les études universitaires sont des services qui profitent essentiellement aux personnes qui les utilisent et ce n'est que justice que ces personnes en assument une grande partie des coûts. Maintenir des tarifs bas n'est pas un moyen efficace de faire de la redistributon de revenus.
    Une bonne façon de combattre l'évasion fiscale est de maintenir les impôts bas et d'avoir recours aux taxes à la consommation. Des impôts élevés incitent les citoyens à travailler moins, à prendre leur retraite tôt et même à quitter le Québec. Ils contribuent à nous appauvrir collectivement. Vaut mieux que le gouvernement se finance par le biais de taxes à consommation tout en augmetant les crédits pour les plus démunis. Nos services publics, il faut bien les payer et ce ne seront les résidants des autres juridictions qui le feront pour nous. C'est sûr que si nous voulons plus de services publics, il va aussi falloir sacrifier un certain confort matériel individuel.

  • Galarneau2 - Abonné 2 mars 2010 17 h 35

    Un autre "lucide''

    Je suis tout à fait d'accord avec M.Baribeau et en total désaccord avec la vision ''lucide'' de M.Bernier.
    Au Québec , c'est normal que ça nous coûte plus cher, on a plus de services qu'ailleurs. Exemple: la loi de l'assurance automobile du Québec, l'assurance médicaments, Le programme de garderies à $7.00, les congés parentaux, les services sociaux (CLSC,CHSLD, etc) et bien d'autres.C'est ça qu'on a choisi collectivement.
    @ M.Bernier:
    L'évasion fiscale des entreprises et des plus riches, là y en a de l'argent !!!
    Les grandes entreprises qui ne paient rien ou presque rien en impôts, là y en a de l'argent !!!
    Les ressources naturelles qui sont données aux grandes entreprises, là on pourrait en avoir de l'argent !!!
    Lâchez-nous avec vos missions de base à la sauce néolibérale !!!
    Et surtout lâchez le porte-feuille des familles de la classe moyenne et des personnes à faibles revenus !!!

  • Donald Bordeleau - Abonné 2 mars 2010 22 h 15

    Évasion des cerveaux à nos frais !

    Le sur-financement de la filière anglophone au Québec est en partie lié à l'importante présence d'étudiants canadiens non-résidents. Selon le chercheur Jean-Pierre Corbeil de Statistiques Canada, le sur-financement du système universitaire anglophone au Québec est lié à la domination historique des anglophones montréalais au Québec. Cette « tendance lourde » est encore présente aujourd'hui.


    Car cette présence en territoire Québécois d'un important réseau universitaire de langue anglaise conduit à un curieux phénomène : un grand nombre d'étudiants canadiens non-résidents viennent étudier dans les universités anglo-québécoises et bénéficient de places d'études largement financées par le Québec. S'il faut mentionner que les étudiants non-résidents s'acquittent de frais de scolarité supérieurs à ceux en vigueur pour les résidents, ils sont tout de même subventionnés à la hauteur d'environ 8000 dollars par étudiant par année. Vu le nombre de 25000 d'étudiants en question, les coûts structurels de 200 millions de dollars/ ans sont importants pour l'état québécois. Les étudiants de pays étrangers sont près de 5000 à fréquenter nos universités. Il en coute environ 5000 dollars selon le statut de l’étudiant. Ces étudiants étrangers coutent 25 millions par année. Ils ont droit automatiquement à une bourse de plus de 4000 dollars. De plus, il faut souvent des mises à niveau des nouveaux étudiants pour une facture supplémentaire estimé à 20 millions par année.


    Notons que la majorité de ces étudiants quittent le Québec une fois leurs études complétées. Ces étudiants emportent avec eux leurs connaissances génératrices de richesse. Cela veut dire qu'il y a près de 2 milliards de dollars par année de retombées économiques qui n'avaient pas lieu au Québec mais ailleurs au Canada.

    Le Québec et surtout les universités anglo-québécois supportent un fardeau fiscal très lourd afin de contribuer généreusement aux 25000 étudiants canadiens qui viennent étudiés au Québec. L’Ontario fournit 12000 des étudiants qui profite à rabais de coût minime pour compléter leurs études au Québec. Chaque année le Québec dépense pour tous les non-résidents une somme de 245 millions de dollars. Donc depuis 10 ans, les Québécois ont payé pour plus 2.25 milliards pour les étudiants étrangers qui bénéficient de ces fonds publics.

    Le sur-financement du système universitaire anglophone, en accordant un poids effectif à la communauté anglophone proche de 25 % au Québec (et de 50 % à Montréal où se concentre l'immigration), est-il partiellement responsable du fait que la communauté anglophone jouit d'un pouvoir sur la langue de travail et les taux de transferts linguistiques largement supérieur à sa taille réelle?

    On peut conclure qu'en l'absence des étudiants canadiens non-résidents, la taille et donc le coût des universités anglophones seraient bien moindres. L'argent ainsi économisé pourrait être utilement mis en œuvre pour combler le sous-financement des universités et éviter une augmentation des frais de scolarité, si sous-financement il y a réellement.

    Les lucides ( Intelligentsia ) québécoise ne parle pas de ce sur-financement des universités anglophones. Il n’est pas politiquement correct de discuter de ces sujets chauds sur la place publique. En termes clairs, le Québec finance, sans aucune contrepartie, une part disproportionnée du système d'éducation post secondaire destiné à la communauté de langue anglaise du Canada.

    Qui aura le courage de demandé le plein déboursé des frais d’études selon les exemptions pour tous les étudiants étrangers.

    Trudeau avait raison en disait des québécois << Le Québec ne sera jamais, indépendant, les Québécois sont idiots >>

    http://www.mef.qc.ca/docs/heure.htm


    http://www.ambamaroc.ca/Nouveau/Etudier_au_Canada/


    http://www.mef.qc.ca/financement_universites_non_d