Lettres - Nuit de rêves

«Bonsoir, l'artiste sera là plus tard. Moi, je suis la médiatrice et je peux vous expliquer sa démarche et répondre à vos questions si vous le souhaitez.»

Nous sommes dans un couloir du Complexe Guy-Favreau devant une oeuvre de Momoko Allard, et l'étudiante en histoire de l'art qui nous interpelle de façon aussi invitante fait partie des 200 médiateurs mobilisés par Art Souterrain à l'occasion de la 7e édition de la Nuit Blanche. Ils sont là pour faciliter la communion avec l'art contemporain dans les entrailles de la métropole.

Je me suis arrêté quelques minutes, au coeur de cette nuit magique fréquentée par des centaines de milliers de personnes en quête d'une nouvelle expérience culturelle et urbaine — surtout des jeunes de toutes origines. J'ai écouté avec quelques autres des explications éclairantes pour ajuster mon propre regard et apprécier l'installation exposée. Soudainement, la grande mécanique de la Nuit Blanche se réduisait à l'échelle de l'intimité que commande parfois la rencontre avec l'art. Puis je suis reparti vers la place des Festivals, devenu le coeur battant d'une Nuit Blanche qui remplit les promesses de participation culturelle et de convivialité urbaine formulées au départ par Christophe Girard, le chargé de la culture à la Mairie de Paris qui a lancé cette initiative maintenant reprise dans plusieurs grandes villes.

La formule Nuit Blanche développée au fil des ans par Montréal en lumière est forte et originale. Elle attire des foules curieuses, enthousiastes et disponibles. C'est une nuit de rêve pour les médiateurs culturels. C'est une offrande aux Montréalais qui envahissent les rues et arpentent les souterrains du centre-ville au coeur d'un hiver qu'éclairent alors l'art et la culture. Nous avons été comblés cette année. Merci aux organisateurs.

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Simon Brault - 28 février 2010

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