Lettres - Un projet de souveraineté bien vivant

Sur quoi se base Lucien Bouchard pour affirmer que la souveraineté n'est pas réalisable? Est-ce sur le faible intérêt que porteraient présentement les Québécois à la souveraineté? Tous les sondages menés ces dernières années et encore tout récemment indiquent qu'au moins 40 à 42 % des Québécois (de 48 à 50 % des francophones) sont favorables à la souveraineté du Québec.

C'est étonnamment élevé quand on sait qu'on ne parle à peu près plus d'indépendance depuis 15 ans, et pas davantage de la problématique que pose au Québec le fédéralisme canadien, entre autres pour la survie de notre langue et de notre culture. On conviendra aussi que la presse écrite et parlée n'a jamais été très tendre envers l'idée de l'indépendance: presque tous les jours, la presse écrite (contrôlée à 70 % par l'ultrafédéraliste famille Desmarais) martèle qu'elle n'est pas souhaitable et qu'il faut passer à autre chose.

On ne peut non plus oublier les centaines et les centaines de millions de dollars dépensés par le gouvernement fédéral pour promouvoir les bienfaits de l'appartenance au Canada (rappelons seulement le fameux programme des commandites, les Minutes du Patrimoine, le récent 400e de Québec, et quoi encore). On peut même prévoir que, pour enfoncer le clou encore un peu plus, on nous proposera bientôt des Jeux olympiques en 2022 et on invitera alors les Québécois à ne pas parler d'indépendance pour ne pas nuire à ce projet.

Il est assez étonnant que, malgré tous ces efforts pour tuer l'idée de la souveraineté, il y ait encore autant de Québécois qui rêvent d'un pays. Serait-ce parce que l'idée de l'indépendance est bien ancrée au plus profond de nous? D'ailleurs, y a-t-il un seul Québécois qui ne souhaite pas la liberté et l'indépendance pour tous les peuples? Pourquoi pas alors pour son propre peuple?

En fait, malgré tous les obstacles, magouilles et calculs, le projet de souveraineté est bien vivant et, si on pouvait seulement, à travers cet environnement non facilitant, expliquer objectivement à la population la problématique actuelle du fédéralisme canadien pour le devenir de notre langue et de notre culture, il n'y a pas de doute qu'on verrait très rapidement une majorité de Québécois prête à s'engager sur la voie de l'indépendance nationale. Y a-t-il d'ailleurs une autre issue pour le peuple québécois?

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Yves Rancourt - Québec, le 25 février 2010
12 commentaires
  • François Lafontaine - Inscrit 27 février 2010 09 h 35

    Rêver en couleur

    Monsieur, vous rêvez en couleur

    Les propos de Lucien Bouchard quant la souveraineté reflètent une attitude nettement majoritaire au sein de la population québécoise. La réalité, c'est qu'après maintenant 40 ans de militantisme politique au PQ, après 5 premiers ministres péquistes et 4 mandats politiques, l'appui à la souveraineté n'a jamais dépassé (de manière significative) la barre des 50%. Quelques sondages ont montré un appui au-delà de 50%, mais cela a toujours été sporadique et n'a jamais duré plus que quelques semaines, voire quelques jours. La très grande majorité des sondages au cours des 40 dernières années a plutôt montré un rejet massif de la souveraineté politique (60% à 75%). Il est temps de passé à autre chose.

  • Claude Archambault - Inscrit 27 février 2010 10 h 42

    il y ait encore autant de Québécois qui rêvent d'un pays dixit Yves Rancourt

    Ouais, moi je rêve tout les soirs que je suis sur une île déserte, avec les plus jolies femmes du monde........

    Quand je m'éveil le matin je suis content que ce ne soit qu'un rêve et que dans la réalité je ne voudrait pas que cela ce réalise. Car je sais tous les problèmes que cela causerait et qu'à la fin je serais moins heureux et plus pauvre. Je me dis que c'est un beau rêve, mais c'est juste cela un rêve qui en réalité cache le pire cauchemar qu'il faut combattre avec tous les moyens à notre disposition.

    Nous vaincrons, et serons réaliste, heureux et prospère

  • France Marcotte - Inscrite 27 février 2010 12 h 51

    À contre-courant, avec sensibilité

    Le choix de l'angle sous lequel on présente les choses est déterminant et c'est ce que démontre par son texte M.Rancourt. Plutôt que d'aller dans le sens du courant qui dit que la question souverainiste est révolue, il s'étonne que, malgré tout ce qui concourt à les en décourager, au moins 40% des Québécois l'aient toujours à coeur. Il se demande si l'idée de l'indépendance ne serait pas ancrée au plus profond de nous. Quelle belle question qui mériterait d'être approfondie avec "la problématique actuelle du fédéralisme canadien pour le devenir de notre langue et de notre culture" qui reste malgré tout assez floue, pour le plus grand bonheur des partisans du laisser-faire.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 27 février 2010 15 h 06

    Il faut se méfier des lucides d`occasion

    La Presse, les Libéraux de Charest et les nouveaux adeptes de lucidité conditionnée au courant présent feront tout pour désilusionner les québgécois. On utilise le budget pour passer de nouvelles couleuvres. Et puis les frères Bouchard se sentent offensés par Pauline Marois. Que de circonstances pour faire de la politique couillonne. Tout ça pour faire oublier les dépenses somptuaires de Charest et compagnie. Le peuple doit payer maintenant.