Lettres - Un TGV avec Toronto serait anachronique

Il serait aussi inutile de construire un TGV reliant Québec à Toronto qu'il le serait avec New York. Idée alternative justifiée par le peu de passagers qu'aurait un lien rapide avec New York. C'est plutôt le contexte des échanges commerciaux qui s'est totalement transformé depuis une vingtaine d'années et qui fait perdre sa pertinence à l'existence d'un TGV.

D'une part, le commerce extérieur du Québec s'est développé de façon vertigineuse (+350 % de 1981 à 2006), passant de 18 % du PIB à plus de 50 %, sans l'aide d'aucun TGV. Mais l'autre grande surprise, c'est que le marché extérieur, traditionnellement canadien, du Québec est devenu majoritairement international au début des années 1990, passant de 30 % plus important à 50 % moins important.

Les marchés extérieurs du Québec se sont développés cinq fois plus vite hors frontière qu'avec le reste du Canada, environ 65 milliards de dollars contre 13 milliards (de 1981 à 2006). Dans ce contexte, l'idée d'un marché commun avec le reste du Canada qu'on renforcerait avec un TGV est anachronique. Aujourd'hui, le commerce se fait ailleurs, surtout avec les États-Unis, mais aussi à l'international.

Et l'augmentation des passagers, par air ou autrement, n'a probablement joué qu'un rôle marginal dans cette évolution. Car c'est le marché des produits eux-mêmes et surtout le taux de change extrêmement avantageux qui ont permis ce développement. Des paramètres qui n'existaient pas autant avec les provinces canadiennes, où le dollar avait la même valeur. Le TGV n'a donc pas l'importance économique qu'on lui prête et l'idée de le développer avec Toronto, plutôt qu'avec New York, est peu prometteuse.

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Michel Magnant - Montréal, le 24 février 2010
6 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 25 février 2010 08 h 05

    Pas d'avion alors

    Si ça ne sert à rien pour des personnes d'aller à NY ou à Toronto, alors, qu'on mette fin aux liaisons aériennes et qu'on réserve les autoroutes aux camions.

  • Catherine Paquet - Abonnée 25 février 2010 09 h 24

    Une saine rivalité Montréal - Toronto

    Il ne faut pas se faire d'illusions. Si ce n'est pas à partir de Montréal que les machanises et les voyageurs venant d'Europe et d'ailleurs au Canada se dirigent vers les États-Unis, ce sera à partir de Toronto.(Je place les marchandises en premier parce que crois que les arguments de M.Magant sont valables). Il y a déjà une forte tendance dans cette direction. Plusieurs vols internationaux, à partir de Toronto, passent par-dessus Montréal pour se rendre en Italie, en France en Allemagne et ailleurs. Ainsi, il y des vols directs Toronto-Rome toute l'année, alors que ceux Montréal-Rome, qui sont pourtant plus courts et moins chers, n'ont lieu que durant les mois d'été.

    De plus, Mirabel étant disponible immédiatement comme plaque tournante pour tout le traffic qu'il est possible d'envisager, permet de développer des stratégies gagnantes pour Montréal.

  • Vincent Bouchard - Inscrit 25 février 2010 09 h 37

    juste un petit oubli dans vos chiffres

    Pourriez-vous inclure les GES produits par vos avions versus TGV...
    Ça change un peu les donnés... un petit détail...

  • François Lafontaine - Inscrit 25 février 2010 09 h 38

    Drôle de logique

    Il est étrange de dresser un rapport étroit entre transport et marchés extérieurs. Au nom de quelle expertise faites-vous ce lien? Quel est votre titre? Vous avez fait des études?

    S'il fallait voir un rapport étroit entre transport et commerce, beaucoup de petites villes du Québec n'auraient jamais eu leurs routes.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 25 février 2010 09 h 57

    Opposition au TGV New York-Montréal

    Le lobby d`Air Canada et les politiciens d`Ottawa et Toronto sont les pires ennemis d`un TGV Montréal-Toronto. Maintenant imaginez que ce TGV Montréal-New York se réalise. Soyez assurés que Toronto fera la même chose. L`économie de l`Ontario se fie à un surplus commercial de $5 milliards au Québec et ils refusent d`acheter notre électricité en favorisant celui de l`Ohio. Imposer des règles sur la polution pour les automobiles forcera l`Ontario à produire des voitures plus performantes; grâce au Québec plus vert autrement l`Ontario perdra son marché québécois de 300,000 voitures annuellement. Accroître les affaires avec New York, centre de la finance, qui contrôle 18% de l`économie mondiale aurait le même résultat, soit une plus grande autonomie du Québec.