Lettres - Un Réseau blanc ?

La Ville de Montréal se targue régulièrement de disposer d'un réseau cyclable hivernal, dit Réseau blanc. En fait, l'hiver venu, le véritable réseau cyclable de la Ville n'existe plus, enneigé (blanc) qu'il est, et seuls sont déneigés des tronçons de pistes cyclables non reliés entre eux. Ce faisant, on complique la circulation à vélo pendant une période de plus grande vulnérabilité, et on isole la périphérie (ex. l'Ouest-de-l'Île).

Certains choix de fermeture hivernale sont carrément aberrants. Par exemple, la piste cyclable de la côte Sainte-Catherine entre Saint-Joseph et Vincent d'Indy, qui dessert le secteur de l'Université de Montréal. Réalisée en supprimant la voie de stationnement côté ouest, cette large piste est bornée par une bande de béton, sans doute réalisée à grands frais, mais elle n'est pas déneigée. Conséquence: en direction sud, tout au long de cette borne, il ne reste tout juste que l'espace de deux voies de circulation automobile; les cyclistes sont ainsi contraints de rouler entre les voitures en mouvement. [...] Voilà une piste cyclable qui, par sa fermeture en hiver, rend le trajet des cyclistes plus dangereux qu'avant sa mise en place!

Les autorités fédérales ne sont pas en reste dans cette bêtise, ayant décidé de consacrer le caractère insulaire de la ville en fermant les liens vers la Rive-Sud: l'estacade du pont Champlain et le trottoir cyclable du pont Jacques-Cartier. Au diable Kyoto et ces cyclistes en nombre croissant, on a plutôt choisi de faire l'économie d'un passage de chenillette. Avant de songer à se payer des voyages d'études à Copenhague, nos élus devraient commencer par mettre en valeur de façon cohérente les infrastructures cyclables que nous possédons déjà!

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Luc Le Blanc - Montréal, le 18 février 2010
5 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 24 février 2010 09 h 31

    La piste du ch. de la Côte-Sainte-Catherine

    Personnellement, même l'été, je trouve cette piste plus dangereuse que la situation antérieure. Tout ce dont cette route avait besoin, c'est d'un bon repavage là où les vélos passent.

  • Guy Fafard - Inscrit 24 février 2010 12 h 55

    Les bordures de béton

    Pour ma paart, je vois mal les bordures de béton pour les pistes cyclabes.

    Ces bordures :
    nuisent à l'enlevement da la neige,
    rétrécissent les voies de circulation en enlèvant un espace précieux
    permettent l'accumulation de gravillons dangereux pour les cycliste.

    Dédier certaines rues avec priorité aux cyclistes où les véhicules autres auarient un droit de passage avec grande restriction de vitesse (15 Km/h par exemple) me semblerait une approche à essayer. Ceci faciliterait à la fois le déneigement de ces rues, permettrait le stationnement automobile, la circulation des bicyclettes et vehicules moteurs.

    Quand aux cyclistes qui circulent quand il neige ou que le froid sévit, c'est à leurs risques et péril. Faut se faire une raison, l'hiver et la bicyclette s'entendent mal.

  • Colin-N. Brosseau - Inscrit 24 février 2010 13 h 04

    Côte-Sainte-Catherine plus dangereuse ?

    Depuis la construction de la piste cyclable sur Côte-Sainte-Catherine il y a peu je ne peux plus m'en passer. Je fais même un détour conséquent pour l'emprunter. Là où je comprend pas, c'est en quoi elle serait plus dangereuse qu'avant (sans piste cyclable). C'est sécurisant d'avoir une épaisse bande de ciment nous séparant des autos en mouvement, non? Il y a bien le problème des arrêts d'autobus (piétons attendant dans la voie), des accumulations d'eau mais à part ça, pour moi, ce n'est que du bonheur.

    Pour en revenir au réseau blanc, oui, c'est décevant compte tenu des 50 000 cycliste hivernaux au Québec (Source Vélo-Québec). Il serait très facile de déneiger d'avantage de voies. Par exemple, Côte-Sainte-Catherine serait le plus souvent cyclable si ce n'était pas des déneigements d'entrées de cours.

    Le Réseau Blanc: trop peu pour l'instant mais, peut-être devrait-on voir cela comme un début.

  • Sylvain Auclair - Abonné 24 février 2010 22 h 24

    À monsieur Brosseau

    Pour accéder à la piste, il me faut traverser le ch. de la Côte-Sainte-Catherine deux fois sans vraiment de feux de circulation qui prévoient cela. De plus, il y a certains croisements où il est impossible d'accéder à la piste ou de la quitter, comme par exemple au début de la piste, près du Plateau Mont-Royal.
    On croise tout le temps des piétons qui montent ou qui descendent de l'autobus.
    La piste est mal entretenue, principalement à l'automne. J'ai vu des flaques d'eau qui recouvraient toute la largeur de la piste.
    Les automobiles qui tournent à gauche (direction Côte-des-Neiges) ne nous voient pas. Et ceux qui, dans l'autre sens, veulent tourner à droite, sont plus nerveux, vu qu'ils doivent couper deux voies de vélos. Il ne faut jamais rendre les automobilistes nerveux, c'est dangereux.
    Il y a souvent de la machinerie lourde qui se sert de la piste comme d'un stationnement, ce qui nous force à rouler contre la circulation.

    Le chemin de la Côte-Sainte-Catherine était une voie large qui circulait bien. Si ce n'avait été du mauvais entretien de l'asphalte, c'était une route parfaite pour les vélos, surtout à cause de son adaptation à la topographie. La piste rend le chemin plus étroit et les automobilistes plus nerveux...

  • Luc Le Blanc - Abonné 5 mars 2010 18 h 05

    Re: Côte-Sainte-Catherine plus dangereuse ?

    M. Brosseau,

    C'est en hiver que cette rue devient plus dangereuse parce que la piste n'ést pas déneigée: quand on roule vers le sud, on ne peut pas prendre la piste (fortement enneigée, chacun y déverse sa neige), alors on doit rouler à côté de la borne de béton, côté voitures (en mouvement), et la largeur de rue restante (exactement 2 voitures) fait qu'on roule directement dans le trafic, entre deux voitures.

    Sinon rouler l'hiver n'est guère plus difficile qu'en été. On doit s'habiller et chausser son vélo en conséquence.

    Luc Le Blanc
    (auteur de la lettre originale)