Lettres - Accommodements

Existe-t-il des accommodements déraisonnables? Sans doute, mais cela n'en vaut pas la peine: si l'on cherche à contenter quelqu'un ou à arranger quelque chose, c'est que l'on doit avoir une bonne raison... Cela dit, je n'aime pas beaucoup ce terme, qui suggère le compromis, l'arrangement souvent bancal ou la démission de l'un face à l'autre. Sans compter que, dans la vie ordinaire, ce sont surtout des restes que l'on accommode, avec un succès variable selon la sauce que l'on choisit.

Dans un État souverain, il me semble que l'on ne devrait parler que de droits et de devoirs, les uns et les autres comportant leurs limites. Le Canada garantissant à ses citoyens la liberté de culte, comment pourrait-il leur nier le droit d'afficher publiquement leur appartenance à telle ou telle religion? Situer le débat des accommodements raisonnables à ce niveau, c'est le situer en terrain miné — celui de la foi et non de la raison, et bien malin celui qui saurait donner une définition claire de la religion, laquelle est de toute manière l'objet d'interprétations diverses, voire contradictoires, par ses propres adeptes. Le gouvernement canadien a déjà décidé qu'il n'avait pas à entrer dans les chambres à coucher; pourquoi faudrait-il qu'il entre dans les chapelles, les mosquées ou les synagogues?

Mais l'enseignement dans les écoles et universités, de même que l'ordre public, c'est son affaire. Aucun gouvernement responsable ne saurait accepter qu'un citoyen ou une citoyenne se promène dans les rues à visage masqué; invoquer un motif religieux pour justifier ce type de voile me paraît irrecevable. Il en va de même pour le port d'armes: même rituel, un couteau demeure un couteau et n'a pas sa place dans une école. C'est également le gouvernement qui détermine les règles régissant le système d'éducation et tous les citoyens doivent s'y plier. Enfin, chez nous, il ne saurait y avoir ni violence ni discrimination envers la femme. Point.

Une fois posées ces règles de base non négociables, on parlera d'accommodements, s'il le faut.

***

Jean Cléo Godin - Montréal, le 20 février 2010
1 commentaire
  • Paul Lafrance - Inscrit 25 février 2010 10 h 26

    Accommodements raisonnables

    Tous les accommodements demandés au nom d'une religion, que ce soit dans le domaine public, écoles hôpitaux, etc. ou dans le domaine du travail, ne sont pas raisonnables parce qu'il existe de nombreuses religions et que si chacune d'elle demande des accommodements, ça n'aura jamais de fin. Ces personnes qui demandent des accommodements sont souvent celles qui sont les plus intolérantes.