Lettres - Le défaitiste

Quand notre ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard tranche sur la question identitaire au nom de la «lucidité», il emploie un sabre acéré pour pourfendre sa famille politique et sa chef, Pauline Marois. C'est une abomination de la part de celui qui nous a menés à un cheveu de l'indépendance en 1995. Son inconscient conservateur et d'autres considérations personnelles ont pu le motiver. Il reste que sa sortie fracassante où se mêlent le faux et la contradiction ressemble à celle d'un vire-capot qui s'enfarge dans les manches. On se serait attendu à mieux d'une éminence grise.

Heureusement que les penseurs de l'indépendance comme Fernand Dumont, Pierre Vadeboncoeur, Jacques Parizeau, Joseph Facal et autres intellectuels aussi «lucides» que Lucien Bouchard feront contrepoids à sa volonté de reporter sine die la lutte pour la souveraineté. Ce serait à mon sens une abdication empressée qui nuirait pour longtemps à l'émancipation du peuple québécois. Tant que la souveraineté ne sera pas une réalité, il faut nous battre sans cesse pour enfin y accéder.

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Denise Rochette Cossette - Charlesbourg, le 18 février 2010
7 commentaires
  • Jeanne - Inscrit 20 février 2010 08 h 40

    Dieu merci!

    Remercions le ciel de ne pas avoir gagné le référendum de 95 avec un chef comme M. Lucien Bouchard. Lorène Simoneau

  • Michel Mongeau - Inscrit 20 février 2010 09 h 39

    Aller au-delà des sondages

    Les résultats que La Presse présente aujourd'hui de son récent sondage en lien avec la sortie de Lucien Bouchard, révèlent qu'une coupure réelle s'effectue entre la population québécoise et une partie significative de sa classe intellectuelle, sur les questions reliées aux accommodements raisonnables et celles de l'avenir constitutionnel du Québec. Ce phénomène est loin d'être exceptionnel. En cette époque de relativisme mou, les intellos pourront-ils encore faire réfléchir leurs concitoyens, les ''élever'' au-delà des préoccupations du quotidien et du court terme? Les sondages offrent un portrait et il faut continuer à peindre l'idéal, poursuivre le débat et l'engagement pour un Québec souverain, juste,respectueux de l'environnement, tolérant et pourtant fier de son histoire. La souveraineté comme moyen de mieux définir nos valeurs et déterminer nos grandes priorités humaines et sociales.

  • Jean-Roch Lapointe - Inscrit 21 février 2010 05 h 09

    LE PAYS AVANT LES DÉRIVES BOUCHARDESQUES!

    L'Ex-Premier Ministre Lucien Bouchard a été un incroyable tribun dont je me suis souvent méfié. Ses actions ont souvent reposé sur l'émotivité et il n'a jamais eu l'amour de son peuple comme les Jean Lesage, les René Lévesque, les Jacques Parizeau ou même un Bryan Mulroney.

    En 1980, il a donné une incroyable bavure à toutes les femmes du Québec en proposant de couper de 20% les salaires dans la santé et l'éducation à majorité féminine.

    Quand il a fait ses États généraux en 1996, il a mis le feu dans la santé et l'éducation. Ses gestes ont été des gestes de panique sur l'obsession du défcit zéro. À long terme la santé et l'éducation, deux patrimoines, ne se sont pas relevés des coupures du Gouvernement Bouchard. Maintenant ces deux systèmes, surtout la santé, nous coûtent plus chers pour moins de service.

    Je ne suis pas certain que M. Bouchard ait été loyal face à des gens qui l'ont mis au monde politiquement comme Bryan Mulroney et Jacques Parizeau. Bouchard m'a semblé plus un opportiniste politique qu'un vrai souverainiste. Il n'y a pas beaucoup de grandes réalisations rattachées au règne de M. Bouchard.

    Toutefois sa sortie nous a permis de discuter entre nous d'un projet de pays qui pour moi est inéluctable et peut être de reconsidérer nos approches.

    Par exemple, je crois que nos ancêtres nous ont laissé un bel héritage qui a été bafoué par la domination anglo-saxone. Pour moi je vois plus la réalisation de ce que j'appelerais ACTE DE RECOUVREMENT DE LA NOUVELLE-FRANCE PAR LES HÉRITIERS LÉGAUX DE SES FONDATEURS. Et je crois qu'un héritage ça ne se quémande pas, çà se prend.

    La Confédération canadienne de 1867 nous a limités au territoire de la Province de Québec amputé du Labrador. La Confédération nous a confiné sur ce territoire et nous aminorisé en une seule province à travers 9 provinces et 3 territoires anglophones. Et sur le seul territoire qu'il nous reste, notre langue maternelle est menacée surtout par l'anglicisation de Montréal.

    Donc je ne suis pas sur que nous ayons à quémander le recouvrement de nos droits et libertés par un référendum qui ne pourra jamais être gagnant dû à l'argent, à la force politique des anglophones et à l'ambiguité de l'immigration qui se range plus du côté de la majorité anglophone du Canada que sur les règles québecoises.

    La décision de fonder un pays n'appartient pas à l'immigration canadienne étalée sur notre territoire ni aux anglophones. Elle relève de nous francophones héritiers légaux de nos ancêtres qui ont découvert, fondé, et développé pour nous leurs descendants ce beau et grand pays.

    Donc, en principe nous voulons récupérer l'héritage qui nous a été volé et qui comprend en territoire au moins tout la Bas-Canada qui commence à l'ouest aux frontières de l'Ontario et qui à l'Est s'étend jusqu'à l'Atlantique. Nous devons discuter de notre projet avec tous nos compatriotes Acadiens du Nouveau Brunswick. Nous devons aussi nous ouvrir à tous les francophones Hors Québec qui ont été assimilés et leur offrir d'emblée la citoyenneté sur le Pays que nous voulons fonder et dont le nom le plus représentatif serait celui de la Nouvelle-France.

    Enfin si nous avions gagné les Référendum de 1981 et de 1995, peut-être, aurions nous fait une séparation que j'appelle à rabais. Nous ne devons rien à ottawa, mais Ottawa est en dette envers nous, pour tout ce qu'il nous a enlevé en territoire et pour toutes ses mesures d'assimilation.

    Et dans un nouveau pays, nous devrons établir une constitution pour faire disparaître tous les vices démocratiques de la Constitution canadienne ainsi que les coûteux vestiges politiques de la monarchie britannique.

    Plus que de tergiverser sur les propos de distraction de Bouchard, je trouve très constructif que nous pouvions échanger entre nous sur un plan de Pays, sur une constitition, sur le rapatriement de patimoines et de territoires, et sur notre stratégie d'atteinte de notre auto-détermination sur le recouvrement territorial et patrimonial de notre futur Pays.

    Nous l'aurons ce pays, car c'était légitime hier, ce l'est ajourdh'ui et ce le sera demain. C'est un devoir que de recouvrer notre pays pour honorer nos ancêtres fondateurs et léguer à nos enfants et petits-enfants ce pays auquel ils aspirent et qui sera leur héritage légitime.

  • Jacques Leclerc - Inscrit 21 février 2010 08 h 26

    Laïcité SVP

    Tout pays qui aspire à être libre doit d'abord est libre de toute religion
    La séparation du Québec passe par la laïcité et Pauline Marois et le P.Q. se doivent de combatre sur ces deux fronts.
    Lucien Bouchard qui est déjà allé se mettre à genoux devant le papen'est pas un homme libre et je ne suis pas du tout surpris par sa déclaration. Il est dans la même ligné que son frère, ces espèces de faux prètres qui croient encore à la main de Dieu (comme Claude Rayand). Je leur suggère deux livres indispensables à lire au 21e S.
    "Une histoire générale de Dieu" de Gérald Messadié
    "Le principe de lucifer" de Howard Bloom
    Peut-être Messieurs Bouchard comprendront enfin...(il n'est pas trop tard) que Dieu n'a pas crée l'homme mais... que l'homme à crée Dieu

  • Lorraine Dubé - Inscrite 21 février 2010 19 h 32

    @ monsieur Jean-Rock Lapointe -Le Labrador fût cédé unilatéralement par le "Conseil Privé de Londres" en 1927-

    Permettez-moi cette petite parenthèse monsieur Lapointe.

    À propos de cette partie de votre commentaire:
    "La Confédération canadienne de 1867 nous a limités au territoire de la Province de Québec amputé du Labrador."

    Cette "confédération" dénuée de son sens même, et, en conséquence, une fédération. J'imagine qu'il y a abréviation de votre part, puisque le Québec fût amputé du 1/5 de son territoire en 1927, suite à une décision unilatérale du "Conseil Privé de Londres"("La cour Suprême depuis 1949").

    Le Labrador fût cédé à Terre-Neuve (Dominion) en 1927 pour son adhésion au Canada qui ne vint pourtant que 22 ans plus tard, soit en 1949....non sans auparavant une première tentative infructueuse. Terre-Neuve est dans la fédération canadienne par un vote de 52% depuis 1949.