Lettres - La vengeance de Lucien...

Que Lucien Bouchard change d'idée concernant la pertinence de la souveraineté du Québec, soit! Mais qu'il s'attaque au mouvement souverainiste pour faire mal à Pauline Marois, c'est déplacé. Je trouve cela inacceptable, car ce mouvement a forgé et continue de forger le Québec. D'ailleurs, son plus grand chef, René Lévesque, est un personnage dont les idées sont encore promues, et pas seulement par les souverainistes.

Le fond de l'histoire en ce qui concerne la sortie de monsieur Bouchard réside dans un désir de vengeance personnelle envers Pauline Marois. Point à la ligne. En effet, Lucien Bouchard a affirmé, avec passion, qu'il n'a pas aimé que madame Marois traite son frère, Gérard Bouchard, «d'Elvis Gratton»...

Notre ancien premier ministre exprime un égoïsme désolant quand il utilise un enjeu capital pour le Québec pour se soulager de sa frustration. Devant une telle grossièreté, monsieur Bouchard nous oblige à nous demander s'il posséderait toujours l'étoffe, l'esprit rationnel et le sens critique d'un chef d'État digne de ce nom.

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David Doyon - Québec, le 18 février 2010
1 commentaire
  • Sylvain Campeau - Abonné 19 février 2010 13 h 04

    La mèche courte

    Les récents événements donnent à penser que M. Lucien Buchard a eu, cette fois, la mèche trop courte et qu'il n'a pas su laisser passer suffisamment de temps entre la mise à feu et le moment de l'explosion, ce qui ne lui a pas donné le temps de réfléchir posément! Je ne peux m'empêcher de voir et de sentir du dépit et de la présomption dans cette sortie. Il en va un peu comme si, n'ayant pas pu réaliser l'indépendance, après 10 d'engagement actif dans le mouvement souverainiste, il en concluait que cette réalisation devenait impossible du coup! Comment ne pas y voir le désaveu de quelqu'un d'un peu trop présomptueux dont la réaction montre peu de respect pour ceux qui se consacrent encore à cet idéal... ou qui s'y sont consacré pendant encore plus longtemps que lui!

    Sylvain Campeau, Montréal