Lettres - Le ratatinement

Eh bien! On n'a plus les belles-mères qu'on avait. Alors qu'autrefois, les ex-chefs péquistes défiaient leurs successeurs sur le terrain de l'audace, aujourd'hui, Mme Marois et son prédécesseur Bouchard rivalisent dans le renoncement. On aura tout vu. Non, mais, qu'avons-nous fait pour mériter cette interminable entreprise de démobilisation? Les chantres du Canada, pendant que leur pitoyable fabulation «coast-to-coast» s'effondre à Vancouver, doivent bien rigoler de nous voir nous battre ainsi nous-mêmes.

Il y a un bon moment qu'une certaine cohorte de «souverainistes» m'exaspère. Mais là, vraiment, il ne me reste plus rien de gentil à dire. Je n'ai envie que d'un grand ménage.

Ça suffit, les éteignoirs, les Bonhommes Sept-Heures. Je n'en peux plus de cette fin de vague de fatigués, de tourne-veste et de vendeurs de grisaille. Il fait déjà assez mauvais comme ça, vous n'êtes plus requis. Amenez-moi du neuf, de l'espoir, de l'énergie, de la vision. Et je salue l'expérience aussi: des Parizeau, des Landry, n'importe quand.

Il y a des indépendantistes, au Québec. Il y en a plein. Des jeunes bourrés de ressources et des vieux qui, malgré les obstacles et le passage du temps, ont su garder la flamme. Des gens de talent, des gens de coeur, des gens qui sont parfaitement en mesure de voir que, en toute objectivité, il est bien difficile de prétendre que l'état actuel des choses soit tellement plus défavorable à l'indépendance que celui de 1975, 1987 ou même de 1995.

Dans ce contexte, je n'arrive pas à croire qu'il faille se taper encore longtemps le triste spectacle du ratatinement des ambitions. Le temps presse. Allumez, quelqu'un!

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Nic Payne - Montréal, le 17 février 2010