Lettres - Une question de choix

On proteste, on discute, on se dit outré du peu de place accordé à la langue française à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Vancouver. On parle beaucoup sans jamais aller au fond des choses. Eh bien, allons-y, fonçons!

Primo, quel est le but premier de toute langue? Réponse: communiquer avec les autres en se faisant comprendre. Secundo, qui étaient ces «autres» à la cérémonie d'ouverture? Des anglophones, en immense majorité. Qui étaient ces «autres», les yeux rivés à leur télé, au même moment? Des anglophones, ou des gens qui comprennent l'anglais, en immense majorité.

À partir de ce constat, on avait le choix: affirmer haut et fort le caractère bilingue (anglais-français) du pays hôte, ou bien être compris de l'immense majorité des gens auxquels on s'adressait, en respectant ainsi la finalité de tout langage entre humains. Les organisateurs des Jeux semblent avoir choisi la deuxième option, ce qui, à mon avis, est parfaitement défendable.

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Normand Bellehumeur - Gatineau, le 15 février 2010
4 commentaires
  • Claude Archambault - Inscrit 17 février 2010 01 h 46

    SI?

    Si les jeux avaient été à Québec, quel place aurait eu l'anglais? 50/50? 80 % anglais / 20 français comme la répartition Canadienne car après tout c'est le Canada qui est le pays hôte. Ou bien 80% français 20% anglais comme la population du Québec? Pour Québec le meilleur est 50/50 et à Vancouver il aurait été bien d'avoir 20% de français mais M Bellehumeur a raison, l'audience étais ceux sur place et la majorité était anglophone et l'autre audience était la planète ou la langue commune est l'anglais.
    À ceux qui diront que le Français est la langue des jeux, ils ont raison et le français est partout au jeux, mais les spectacles d'ouverture et de fermeture ne sont pas les jeux.

    et aussi allez, soyez Lucide, allez lire M Bouchard

  • Pierre Bernier - Abonné 17 février 2010 09 h 24

    Positionnement bizarre !

    Dans le cadre des JO, le spectacle d'ouverture est une vitrine.

    Le Comité organisateur a décidé d'y présenter, sans le dire, la vision locale du Canada.

    Pourtant, la planète savait déjà que l'Australie existait... !

  • Pierre Rousseau - Abonné 17 février 2010 09 h 59

    Non

    Ce n'est pas une question de choix. Dans un monde polyglotte, on peut facilement traduire n'importe quoi, que ce soit dans un stade ou à la télé. Le COVAN avait le devoir de respecter la charte du CIO où le français et l'anglais sont langues officielles et, en plus, respecter le fait que le Canada a 2 langues officielles, ce que les subventions fédérales devaient souligner. Le message devait passer autant en français qu'en anglais et il est évident qu'il n'a pas passé car on ne parle pas du message en soi mais de l'absence de moyen de le transmettre en français, une des 2 langues officielles de ce pays.

    Si vous voulez communiquer avec le plus de monde possible, alors faites-le en mandarin - c'est la langue la plus parlée dans le monde. En Amérique? alors faites-le en espagnol car cette langue est parlée par plus de 600 millions de locuteurs dans les Amériques.

    Conclusion: cessez cette aberration de langue la plus parlée.

  • Michel Simard - Inscrit 17 février 2010 12 h 51

    Les prémisses fausses des anti-francophones

    Allons au fond des choses :
    1. Pour les anti-francophones et ultrafédéralistes, le Canada est un pays unilingue anglais où on tolère que la tribu canadienne-française parle entre elle, bien cachée, à Trois-Rivières ou à Saint-Louis-du-Ha ! Ha !, ce qui exclut Montréal.

    2. Les Jeux Olympiques sont un événement international.

    3. La langue anglaise n'est pas une langue universelle, elle est comprise par une minorité (un sur six ?) des spectateurs potentiels. La langue anglaise n'est même pas la langue la plus parlée au monde.

    4. L'unilinguisme anglais dans les relations internationales mène à la paresse intellectuelle et à un appauvrissement culturel.

    5. L'anglomanie et l'anglocentrisme expérimés par MM. Belhumeur et Archambault révelent une vision simpliste du monde. Le monde se divise en plusieurs sphères linguistiques : anglo-saxon, francophone, espagnol, portugais, russe, mandarin, arabe, hindi, indonésien, etc.

    6. Le monde est différent de la sphère anglo-saxonne et les Jeux du Commonwealth ne sont pas les Jeux Olympiques.

    7. Les spectacles d'ouverture et de fermeture font partie intégrante des Jeux Olympiques.

    8. Plus à genoux que ça, tu meurs.