Lettres - Merci M. Charest

Il y a 60 ans, j'ai travaillé dans les produits d'amiante au chantier maritime de Lauzon. J'avais 17 ans. Le 16 février prochain, je me fais enlever le poumon droit, où un cancer sévère s'est développé dans ma plèvre, appelé mésothéliome. Je n'ai travaillé que durant une période totale de six mois avec de l'amiante au cours de deux stages de travail d'été. Lorsqu'on m'a diagnostiqué en novembre 2009, on m'a aussi appris que je ne survivrais, selon les statistiques, que pour une période de deux ans tout au plus.

Quel cadeau de grec voulez-vous offrir aux Indiens en insistant pour leur vendre notre amiante en considérant le niveau de connaissances que nous avons et le niveau de sécurité que nous appliquons de nos jours? Ici, au Québec, j'ai la CSST pour reconnaître que je suis un accidenté du travail qui pourra donner à ma veuve une compensation financière. Est-ce que les Indiens ont les mêmes protections? En fait, est-ce que ce pays devrait acheter ce poison dans l'état actuel des connaissances? La vraie question est: est-ce que ce pays d'un milliard d'habitants se préoccupe des travailleurs ou s'il fait un accommodement raisonnable avec les investisseurs de capitaux pour changer les ouvriers malades comme des vieux Kleenex?

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Réal Arseneau - Le 15 février 2010
1 commentaire
  • Mathieu Gauthier - Inscrit 17 février 2010 08 h 22

    accomodement raisonnable

    Monsieur Arseneau,

    votre situation est triste et suis de votre avis sur le fait que le Gouvernement Charest se doit moralement d'éviter qu'il y ait d'autres cas semblables en Inde ou ailleurs.

    En outre, je déplore cependant votre utilisation du terme "accommodement raisonnable". Dans ce contexte, ça n'a, pour ainsi dire, pas rapport. De toute évidence, le québécois moyen ne comprend pas ce que ce mot veut dire et l'utilise comme vous, à toutes les sauces, au point où il ne signifie plus rien. À force de mal utiliser les termes on finit par croire n'importe quoi - comme cette idée très répandue et dangereuse selon laquelle les demandes d'accommodements seraient un facteur déterminants sur la survie de la culture commune québécoise. Ici aussi, ça n'a aucun rapport.