Lettres - La réalité d'un pays

Je ne vois pas pourquoi l'on s'offusque tant du peu de place faite au français aux Jeux de Vancouver. Cela ne fait que refléter la réalité canadienne, qui est celle d'un pays unilingue anglais comptant une minorité de langue française. Cette réalité se vérifie largement à Ottawa même, qu'un folklore usé jusqu'à la corde présente comme la capitale d'un pays officiellement bilingue, mais où il est quasi impossible de se faire servir en français dans les restaurants à cinq minutes du parlement. À pied.

Les organisateurs des Jeux eussent-ils accordé à la langue française une plus grande place, cette place aurait été démesurée par rapport à celle que le français occupe dans le coeur et dans la vie quotidienne des gens de ce pays-là.

Par ailleurs, cela aurait contribué à la même hypocrisie qui fait que les Premières Nations semblent omniprésentes à Vancouver, celles-là mêmes que l'on a parquées dans des réserves pendant des siècles et que l'on étale aujourd'hui à la face du monde entier pour se donner bonne conscience. Combien d'athlètes des Premières Nations participent aux Jeux de Vancouver? On se le demande.

***

Richard Weilbrenner - Sutton, le 14 février 2010
 
2 commentaires
  • guido3005 - Inscrit 16 février 2010 00 h 48

    On a ce que l'on mérite

    Cette pseudo contreverse concernant le peu de place accordée au français me fait bien bidonner.

    Au Québec, on a le scandale facile, mais la mémoire courte. Il est clair que ce pays n'est bilingue que sur papier. Quand tu as de la misère à te faire servir en français à Montréal, il ne faut pas se surprendre que cela soit presque impossible à Vancouver.

    Soyons réaliste. L'anglais est la seule langue réellement officiel, en attendant que ne le deviennent l'espagnol et le chinois.

    Les québécois aiment bien chialer mais n'ont jamais été prêt à agir et sa remonte aux plaines d'Abraham qu'un certain Montcalm a abdiqué après un gros trente minutes de combat...

  • Pierre Rousseau - Abonné 16 février 2010 07 h 34

    Un

    Apparemment, c'est le nombre d'athlète autochtone qui participe aux jeux de Vancouver...1 Les organisateurs ont eu peur que les autochtones sur le territoire desquels les jeux se passent, montrent la réalité de leur situation à la face du monde. C'était le prix à payer pour éviter des manifestations d'envergure. Le fédéral voulait aussi éviter d'étaler, encore une fois, au monde entier le système raciste et discriminatoire de la loi coloniale sur les Indiens qui régit toujours les réserves et la quiddité indienne, ainsi que son refus de reconnaître les droits fondamentaux des premiers peuples.

    Mais il faut reconnaître que la présence autochtone aux jeux est loin de représenter l'importance des autochtones au Canada - ce n'est qu'un artifice et de la poudre aux yeux car les autochtones sont souvent de grands oubliés. Mais pour ne pas offusquer encore plus la majorité anglaise du pays, on ne pouvait pas faire plus de place au français qu'on l'a fait lors de la cérémonie d'ouverture - c'en était assez avec la présence autochtone.