Lettres - Pour régler le sous-financement

À la suite de l'article du Devoir sur l'augmentation des droits de scolarité, paru le 10 février, j'aimerais apporter quelques précisions. Une augmentation des revenus de l'ordre de 200 $ par session par étudiant ne réglerait pas, selon moi, le problème de sous-financement chronique qui empêche le réseau universitaire de couvrir les augmentations de coût de système auxquelles il fait face. Pour rattraper les universités canadiennes, il faudrait que ses revenus annuels augmentent d'au moins 1500 $ par étudiant, ce qui réduirait l'écart entre la moyenne des droits de scolarité des universités canadiennes et ceux des universités québécoises. Une telle augmentation permettrait à nos universités de remplir pleinement leur rôle au sein de la société, tout en étant économiquement viable.

Deux approches peuvent être envisagées pour atteindre cet objectif d'accroissement des revenus. La première consiste à mettre en place un système de droits de scolarité modulés en fonction des disciplines et des coûts de formation qui y sont associés. Dans un tel cas, des tarifs uniformes pour toutes les universités et un ajustement du programme de prêts et bourses devraient être considérés afin d'assurer l'équité entre les institutions et l'accessibilité aux études universitaires.

La seconde approche consiste à augmenter globalement les frais de scolarité de façon égale pour tous les étudiants. Compte tenu des montants en cause et quelle que soit l'approche considérée, l'effort à fournir devra être partagé entre les étudiants et le gouvernement du Québec. C'est l'avenir de notre société et des générations futures qui est en jeu face au mur financier auquel nos universités se butent.

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Denis Brière - Recteur de l'Université Laval, Québec, le 11 février 2010
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 12 février 2010 16 h 20

    LES FRAIS DE SCOLARITÉ DEVRAIENT TENIR COMPTE DE LA DISCIPLINE

    En plus des raisons déjà évoquées, soit tenir compte des coûts réels de diverses études et des perpspectives d'emplois, auusi bine entermes de postes que de rémunération, la modulation des frais de scolarité pourrait donner l'occasion de régler le problème des nouveaux médecins qui quittent le Québec ou se lancent dans le privé. S'ils restent dix ans au Québec dans le système public, le gouvernement leur rembourserait sur ces dix ans leurs frais de scolarité, qui devraient se monter à 15 000 $ par an ou plus.