Lettres - Bonne conscience

M. Jean Charest a décrété que le débat sur l'amiante était clos, que l'on en avait assez parlé. Il a trouvé la «botte de Nevers» linguistique imparable pour anéantir tout opposant, pense-t-il. «C'est aux pays importateurs à prendre toutes les mesures de sécurité pour protéger leurs travailleurs.» Autrement dit, on s'en lave les mains. Pourtant, il sait pertinemment que des milliers de personnes en mourront dans 20 ou 30 ans, travailleurs et non-travailleurs de l'amiante, chrysotile ou pas. Mais voilà, il a trouvé une réponse, toute théorique soit-elle, pour engourdir sa conscience et celles des Québécois.

La réalité: pour satisfaire le commerce et quelques travailleurs d'industrie qui, on le sait, pourraient être recyclés, des hommes et des femmes d'ici et d'ailleurs continueront à mourir et des familles à les pleurer, comme nous avons pleuré, dans ma famille, la perte par mésothéliome, cancer de l'enveloppe du poumon lié à l'amiante, de cinq de mes frères et soeurs. En effet, les paroles de M. Charest sonnent à nouveau comme le glas pour les familles de Colette, Lisette, Georges, Laval et Raymonde Leclerc et renouvellent tristement la douleur de la perte prématurée de leur mère ou de leur père, les êtres les plus chers.

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Jean-Claude Leclerc - Québec
1 commentaire
  • Georgine Saint-Laurent - Abonnée 9 février 2010 08 h 04

    Merci

    Vous exprimez très bien le drame que provoque l'entêtement du premier ministre. Pour le reste du monde, nous apparaissons comme une bande d'irresponsables qui réclament avec superbe, le droit de continuer à polluer la planète au nom de la préservation du gagne-pain de quelques centaines de nos concitoyens qui, s'ils en avaient l'occasion, seraient sans doute les premiers à désavouer l'infamie qu'on perpétue en leur nom.