Lettres - The Caisses pop

Depuis quelque temps, lorsque j'appelle à ma Caisse populaire Desjardins, en plein coeur du «French Quarter» de Montréal — le Plateau —, le service automatisé me répond dans une sublime maîtrise de la langue parfait-bilingue.

Quand je demande, poliment, aux gens de ma caisse pourquoi il en est ainsi, on me répond invariablement que je ne suis pas le seul à poser la question, mais que, d'autre part, beaucoup de nouveaux clients «viennent d'ailleurs».

La logique est claire et nette: ailleurs et anglais, c'est la même chose. Notre propre langue nous confine à notre garde-robe, tandis que, pour le reste de l'univers, il y a le tout-puissant anglais. C'est bien simple, non seulement la planète entière parle anglais, mais probablement les extraterrestres aussi. Si ma caisse ouvrait une succursale sur la planète Mars, pas de doute, elle ferait là-bas aussi avec zèle la promotion de la langue des maîtres.

Ma Caisse, je n'en doute pas, a à coeur de bien servir sa clientèle. Manifestement, elle pense que pour y parvenir, elle doit offrir l'anglais à son nouveau client qui arrive du Yémen, d'Haïti, de la Chine, de la France, d'Allemagne ou d'ailleurs. À cet immigrant qui, dans les faits, parle souvent moins anglais que vous et moi, et qui, s'il le baragouine quelque peu, pourrait apprendre autant de français en l'espace de quelques jours.

Cet asservissement à l'anglais, qu'il soit ou non déguisé en bonnes manières ou en principe d'affaires, envoie un message tonitruant à l'immigrant: «Vous êtes ici au Canada, la langue nationale y est l'anglais, le français étant celle des indigènes de la tribu québécoise, dont vous ne faites pas partie.» C'est simple, c'est clair, et c'est dommage. Si ma Caisse ne quitte pas cette navrante posture, j'ai bien envie d'aller prêter mon argent à quelqu'un d'autre.

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Nic Payne - Montréal, le 18 décembre 2009
9 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 22 décembre 2009 05 h 16

    M. Payne, le Canada est un pays officiellement et techniquement bilingue, et on en trouve des centaines d'autres sur notre petite planète.

    M. Payne,

    En Europe, en Asie, en Amérique latine autant qu'en Afrique, les citoyens se font un devoir, quand ce n'est pas un plaisir, d'apprendre une deuxième, quand ce n'est pas une troisième langue. Généralement, l'apprentissage d'une autre langue force l'individu à mieux connaître la structure et les règles de sa propre langue et de la respecter en la parlant mieux et l'écrivant mieux.

    Si les Québécois se mobilisaient pour faire mieux appliquer et même faire progresser l'usage du français au Canada, dans la Francophonie et ailleurs, les chances de survie de la langue en Amérique du Nord seraient beaucoup plus grandes.

    Selon des experts, l'indépendance n'offrirait pas une meilleure garantie à cet effet. Selon ce que'écrivait le professeur Mario Polese, dans La Presse du 27 juin dernier, " Advenant l'indépendance du Québec, l'espace francophone en Amérique s'en trouverait rétréci. LE FRANÇAIS ÉCOPERAIT"

    Dans le monde réel, il faut savoir que le Mouvement Desjardins opère déjà des dizaines de Caisses pop, ailleurs au Canada et qu'il maintient un bureau très actif à la Bourse de Toronto. Si on veut, dans un esprit de saine gestion, tranférer des employés et des cadres,parmi les meilleurs,entre les bureaux du Mouvement Desjardins, il faut que quelques uns de ces individus soient au moins bilingues.

    J'imagine que vous ne demandez pas à votre Caisse de protéger vos amis contre cette désertion, en ne leur permettant pas d'apprendre une autre langue.
    .

  • Pierre Cardinal - Inscrit 22 décembre 2009 09 h 29

    Le monde réel...

    @Georges Paquet
    J'imagine que les francophones sont aussi bien servis dans leur langue à Toronto, Calgary,...que les allophones et anglophones d'ici. Le Canada c'est deux poids, deux mesures. Au moins dans un Québec indépendant nous ne ferions pas partie d'un pays voyou en matière d'environnement et le Québec aurait son mot à dire en tant que pays pour défendre ses poltitiques environnementales.

  • Jack Jack - Inscrit 22 décembre 2009 10 h 01

    Drôle de Cible

    M. Payne,

    Je ne comprend pas vraiment votre commentaire... Desjardins fait déjà beaucoup pour nous donner à NOUS les Québécois le maximum de service et de rentabilité sous forme de dons et commandites et sous forme de ristournes... Au lieu de voir le problème de servir d'autres nationalités, j'aime mieux voir le potentiel collectif que peuvent apporter tous ces gens au lieu de les laisser placer leurs avoirs dans les banques et que les bénéfices soient remis aux actionnaires d'où la provenance nous est généralement inconnue! Et pour en remettre, vous menacer de donner VOS avoirs à un concurrent!!! Je crois que vous devriez revoir votre conscience sociale et analyser les répercussions d'un tel geste. Espérons que personne ne suivra votre conseil.

  • Sylvain Auclair - Abonné 22 décembre 2009 10 h 15

    Le Canada n'est pas bilingue

    Tout ce que la loi et la constitution affirment, c'est que le gouvernement fédéral est bilingue (enfin, il l'affirme). Une autre loi dit que la langue normale de communication au Québec est le français. Vous la connaissez sans doute.
    Et d'où vient que tout ce qui est étranger est anglais? Va-t-on parler anglais aux nombreux Portugais ou Sud-Américains de Montréal? Va-t-on parler anglais aux Maghrébins? (Je parierais que oui.) Et va-t-on parler anglais aux Français?

    Et j'aime beaucoup quand on cite des articles de la Presse sur l'indépendance du Québec. La Presse est tout à fait neutre sur le sujet, il va sans dire.

  • Andre Vallee - Inscrit 22 décembre 2009 10 h 49

    Ti Georges, t'as rien compris.

    Quand je visite les hors Québec, je leur parle en anglais ou en espagnol. Quand je les reçóis, je fais de même. Mais quand je parle à un autre Québécois, je veux le faire en français et, membre de la Caisse Pop depuis toujours (82 ans) j'aimerais bien que ma Caisse fasse de même et fasse la promotion de la langue française au Québec.
    Quant à ton argumentation au sujet du français dans les autres province, on dirait que tu as vécu sur la lune au cours des 50 dernières années. Canada pays bilingue, mon oeil.
    André Vallée