Lettres - Examen de conscience oblige

«Cela n'aurait jamais dû se produire», déplore l'évêque d'Alexandria-Cornwall, Paul-André Durocher, en présentant ses excuses aux victimes d'agressions sexuelles ces dernières décennies. Dans la foulée des excuses présentées par le pape aux victimes d'agressions similaires en Irlande et autres pays, reconnaissons dans le geste de l'évêque Durocher, le jour même du dépôt du rapport du juge Normand Glaude, une contrition sincère.

Dans sa «ferme résolution de ne plus recommencer», souhaitons que l'Église souscrive pleinement à la recommandation de créer un institut sur les causes et répercussions de la violence sexuelle. La question qui devrait obséder ses chercheurs? Pourquoi cela s'est-il produit? Dès l'âge de 12 ans, ayant été «enfermé» pendant douze ans dans des séminaires, je me permets de soumettre une hypothèse: le sentiment étouffé d'abandon, éprouvé par des enfants précocement «exilés» de leur famille dans des pensionnats homo sexe, et le refus par leurs tuteurs religieux de toute sexualité à l'âge même où elle apparaît en pleine force, sont deux facteurs contribuant à l'apparition d'hommes qui, sommés de faire l'ange, se brisent et font la bête. Si l'Église croit dans la rédemption de l'humanité, examen de conscience oblige, elle devrait s'empresser de participer à toute recherche sur un crime qui cause tant de souffrances.

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Pascal Barrette - Ottawa

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