Lettres - Petite rue Champlain!

La journaliste Isabelle Porter signait un article dans Le Devoir du 15 décembre dans lequel il était question de la «rue du Petit-Champlain». Le toponyme devrait être inscrit au panthéon des anglicismes. Il est un parfait caméléon. Il cache son absurdité. Au début du XIXe siècle, on disait «Petite rue Champlain» pour bien distinguer l'artère de sa voisine, la rue Champlain. Les locuteurs anglais de la capitale en firent «Little Champlain Street» et les Québécois traduisirent littéralement «rue du Petit-Champlain». La Ville, inconsciente et irresponsable, a entériné le calque puisqu'il s'était répandu.

Aujourd'hui, l'administration municipale, pusillanime, excipe du fait que le calque est bien implanté pour ne pas revenir à l'expression correcte. Pourtant, personne n'oserait dire «rue du Petit-Duplessis», «rue du Petit-Bourassa» ou «rue du Petit-Lévesque». Il faut inscrire l'expression au panthéon des anglicismes et, parallèlement, encourager les Québécois à utiliser et à faire rayonner la «petite rue Champlain».

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Gaston Bernier - Président de l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française, Québec, le 17 décembre 2009

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